Quatre expositions

Une journée à Versailles

Par
Caroline Chaine -
Publié le 23/05/2019
Art-Marie Leszczyńska

Art-Marie Leszczyńska

Madame de Maintenon (1), née Françoise d’Aubigné, voit le jour dans la prison où son père est incarcéré. Mariée à 16 ans avec le célèbre poète Scarron, elle vit dans les salons précieux parisiens. Veuve, douce, dévote et raffinée, elle devient gouvernante des quatre enfants nés des amours illégitimes de Louis XIV et de Madame de Montespan, puis épouse le roi secrètement à la mort de la reine en 1683. Elle sera à l’origine de la maison royale d’éducation de Saint-Louis à Saint-Cyr. Une soixantaine d’œuvres retracent sa vie, présentées dans son appartement, décor emblématique du XVIIe, où, pour l’occasion, les tentures murales ont été restituées.

Marie Leszczyńska (2), princesse catholique, fille du roi déchu de Pologne, doit sa venue à Versailles à son âge, 22 ans. Il fallait assurer une descendance au jeune roi de 15 ans, Louis XV. Ils auront 10 enfants. Marie mène une vie simple, pieuse, sans intrigue, entourée de sa famille et de ses amis et à un goût artistique prononcé. Nattier effectue les portraits de ses filles. Elle commande à Jean-Baptiste Oudry, un de ses peintres préférés, une série des cinq sens, avant de copier un de ses tableaux. À la fin du siècle, la reine adopte le goût « à la grecque », qui s’oppose au rocaille foisonnant. En 42 ans de règne, Marie Leszczyńska aura une grande influence sur l’aménagement du château.

« Architectures rêvées » (3) : aménager le château reste la préoccupation, le rêve des souverains et de leurs architectes, Louis XIV et Jules Hardouin-Mansart, Louis XV et Ange-Jacques Gabriel, Louis XVI et le comte d’Angiviller, Napoléon et Fontaine. De 1660 à 1815, Versailles est un chantier permanent, pour adapter les lieux aux nouveaux usages, à la vie quotidienne ou à une nouvelle esthétique. Outre les travaux réalisés, de nombreux projets sont restés dans les cartons. Dans l'exposition, une centaine de dessins, plans et élévations donnent à voir un Versailles tel qu’il aurait pu être.

Au Trianon

Autre Versailles, celui de photographes, pour la 12e exposition d’art contemporain sur la relation visible/invisible, qui se déploie dans le Domaine du Trianon (4). Dove Allouche retient le gypse, c’est-à-dire le plâtre de construction, qu’il porte vers des abstractions colorées. Nan Goldin, la marche des femmes sur Versailles en 1789, qui résonne dans le système hydraulique des fontaines. Martin Parr, avec son regard tendre et ironique, les foules cosmopolites et colorées des visiteurs, agitant leur portable. Éric Poitevin, la nature graphique de l’angélique et le soleil, symbole de Versailles, mais celui pâle de l’hiver. Viviane Sassen, la monumentalité du lieu, qu’elle réinterprète avec des taches de couleurs. L’occasion d’explorer les Trianon et les travers du parc, avec des lieux ouverts au public pour l’occasion, comme l’Orangerie de Jussieu et le Pavillon frais.

 

(1) « Madame de Maintenon dans les allées du pouvoir  », jusqu’au 21 juillet

(2) « Marie Leszczyńska , une reine méconnue »

(3) « Versailles, architectures rêvées, 1660-1815 », jusqu’au 4 août

(4) Au Domaine de Trianon, « Versailles, Visible/Invisible -  Dove Allouche, Nan Goldin, Martin Parr, Eric Poitevin, Viviane Sassen »,  jusqu’au 20 octobre

www.chateauversailles.fr

 

Caroline Chaine

Source : Le Quotidien du médecin: 9752