Au cinéma, « L'Adieu à la nuit », de Téchiné

Un combat d'aujourd'hui

Par
Renée Carton -
Publié le 25/04/2019
Cinéma-L'Adieu à la nuit

Cinéma-L'Adieu à la nuit
Crédit photo : DR

De la guerre d'Algérie au jihad en Syrie, des « Roseaux sauvages » à « l'Adieu à la nuit », il y a toute la carrière d'André Téchiné, et il y a les deux générations qui séparent Catherine Deneuve de Kacey Mottet-Klein. Car ce qu'a voulu faire le cinéaste, dans ce 8e film avec son actrice préférée, c'est confronter quelqu'un de sa génération aux jeunes radicalisés prêts à tout quitter, tels qu'ils apparaissent notamment dans le livre d'entretiens du journaliste David Thomson (« les Français jihadistes », Les Arènes, 2014).

Pour autant, on reste en France, dans le Sud-Ouest cher à Téchiné, pour se pencher sur les tentations et les radicalités de la fin de l'adolescence. Nous sommes en 2015. Muriel, qui s'occupe avec bonheur d'un centre équestre et de vergers, se réjouit de la visite de son petit-fils, avant le départ de ce dernier pour le Canada. On aura compris que le jeune homme prépare en fait une rupture définitive, pour un idéal qui n'est peut-être pas totalement clair à ses propres yeux.

André Téchiné n'est pas un cinéaste à effets. Tout se joue avec les acteurs et le cadre le plus proche, nature, ciel variable et animaux compris. Tout est dans la sobriété et la simplicité d'un récit –  ce qui n'exclut pas les péripéties – qui s'oppose à la complexité des personnages. Tout est dans les visages. Et dans les scènes de repas, qui célèbrent une forme de partage.

Kacey Mottet-Klein, qui retrouve Téchiné après « Quand on a 17 ans », assure face à Catherine Deneuve, toute en nuances pour exprimer en même temps le désarroi et la force de son personnage. Parmi les autres acteurs, on citera Oulaya Amamra (« Divines ») et Kamel Labroudi.

Et aussi

Un drame : « Mais vous êtes fou », d'Audrey Diwan, une famille confrontée à l'addiction du père, avec Pio Marmai et Céline Sallette. Une comédie, « Victor et Celia », de Pierre Jolivet, avec Alice Belaïdi et Arthur Dupont, péripéties d'un duo qui veut ouvrir un salon de coiffure. Une vision d'Israël : « Un tramway à Jérusalem », d'Amos Gitaï, séquences au fil du trajet du tramway (« On est tous coincés ensemble dans le même train », dit le réalisateur). Un blockbuster, « Avengers : Endgame », 22e film Marvel, avec rajeunissement numérique des héros quand nécessaire. Un documentaire : « Monrovia - Indiana », de Frederick Wiseman, sur une petite ville agricole du Midwest dont 76 % des habitants ont voté pour Trump.

Les pouvoirs du yoga

Handicapé par les conséquences d'un syndrome de la queue de cheval, le photoreporter Stéphane Haskell a été sauvé par le yoga. Aussi est-il parti à la rencontre, aux États-Unis, en Afrique, de patients ou ex-patients, victimes du sida ou de sclérose en plaques, entre autres, également « guéris » ou soulagés par le yoga. Et son documentaire s'appelle tout simplement « Debout ».

Renée Carton

Source : Le Quotidien du médecin: 9744