« Dernier Amour » et autres films de la semaine

Un autre Casanova

Par
Renée Carton -
Publié le 21/03/2019
Cinéma-Casanova

Cinéma-Casanova
Crédit photo : C. BETHUEL/LES FILMS DU LENDEMAIN/JPG FILMS

Casanova, « un sujet inépuisable », selon Benoit Jacquot, qui a lu avant d'avoir 20 ans « Histoire de ma vie », les mémoires du libertin du XVIIIe, et qui juge que Fellini, l'un des nombreux créateurs qui se sont intéressés au personnage, le détestait.

Casanova, donc, sa rencontre à Londres avec la Charpillon, « son premier et son dernier amour », sa seule passion – au sens étymologique de pathos, ce dont on souffre. Pour cette nouvelle variation sur les rapports hommes-femmes – avec une préférence pour ces dernières comme figures principales –, le réalisateur a travaillé avec Chantal Thomas, auteur en 1985 de « Casanova - Un voyage libertin », et dont il avait adapté en 2012 « les Adieux à la reine ».

Il a soigné décors, costumes, lumières, en évitant le spectaculaire et le trop documenté qui plombe tant de reconstitutions d'époque. Et surtout il a eu l'intelligence d'accepter l'acteur qui voulait le rôle, dans lequel on ne le voyait pas a priori. Présence forte, sensibilité à vif, Vincent Lindon fait à lui seul le prix de ce « Dernier Amour », renouvelant l'image cinématographique un peu usée de l'aventurier vénitien. Ce qui n'empêche pas d'admirer ses partenaires, au premier rang desquels Stacy Martin.

Quant à la séduction, au libertinage, Casanova, selon Jacquot, « ne considérait pas les femmes comme des proies, mais comme des occasions idéales de se lier, fut-ce trois nuits, ou même une heure. Il voulait approcher l'autre. » Ce que permet « Dernier Amour ».

Et aussi

À ne pas manquer non plus, « Sunset », deuxième long métrage du Hongrois Laszlo Nemes après le mémorable « Fils de Saul », sur l'extermination des Juifs par les Nazis. Remontant un peu plus dans l'histoire, il nous emmène dans l'empire austro-hongrois en 1913, à la suite d'une jeune femme à la recherche, à Budapest, de son frère et de ses origines familiales. « Ce qui me fascinait, dit Nemes à l'AFP, c'est comment cette civilisation du début du XXe siècle, avec autant de promesses, portait déjà en elle sa propre destruction. »

À signaler aussi « Du miel plein la tête », remake américain d'un film allemand par son propre réalisateur, Til Schweiger, drame familial avec Nick Nolte, en malade Alzheimer, et Matt Dillon, son fils. « Us », film d'horreur de Jordan Peele, le réalisateur de « Get out », dans lequel une famille en vacances affronte des doubles maléfiques. Et « M », documentaire de Yolande Zauberman tourné en yiddish en Israël, sur un jeune homme qui a été victime de viols dans la communauté ultra-orthodoxe où il vivait enfant.

Renée Carton

Source : Le Quotidien du médecin: 9734