Le Ballet Malandain en tournée avec « Marie/Antoinette »

Traitement royal !

Par
Olivier Brunel -
Publié le 08/04/2019
Danse-Marie-Antoinette

Danse-Marie-Antoinette
Crédit photo : OLIVIER HOUEIX

En prélude à son 250e anniversaire, en 2020, le Château de Versailles a commandé au chorégraphe Thierry Malandain, qui s’y est déjà illustré avec « Cendrillon » et « la Belle et la Bête », un ballet illustrant la vie de la souveraine Marie-Antoinette. Le Ballet Malandain a ainsi bénéficié de conditions luxueuses, qui ne seront sans doute pas celle de la tournée : la scène du plus beau théâtre français, l’Opéra Royal du Château, et un orchestre symphonique dans la fosse.

Pour la musique, Thierry Malandain a privilégié Joseph Haydn, avec un choix très subtil, ce qui est l'une de ses constantes : les symphonies du cycle illustrant les heures du jour, mais aussi « la Chasse » et « la Tempête », pour la fin tragique. Et pour l'intermède, Gluck, avec la « Danse des esprits bienheureux », illustrant la maternité tant attendue de la Reine après sept années de mariage non consommé pour raisons « techniques » – c'est l'un des moments les plus émouvants du ballet, quand le couple royal danse avec une poupée articulée.

C'est l’Orchestre symphonique d’Euskadi qui a assuré la création de « Marie/Antoinette » à San Sebastián en février. En symbiose avec le travail de Malandain, Mélanie Levy-Thiébaut imprime une énergie communicative à cet ensemble basque, dont ce n’est pas le répertoire habituel.

La joie de danser

Dans le décor unique, très dépouillé, de Jorge Gallardo, le Malandain Ballet Biarritz met en valeur la danse des solistes. On admire la grâce de Claire Longchampt dans le rôle-titre, tout en regrettant que l’évolution de son personnage ne se ressente pas plus. Miuki Kanei a beaucoup de piquant en Comtesse du Barry. Les hommes tirent le meilleur parti de leur personnage, tant Frederik Deberdt en Louis XV que Mickaël Conte en Dauphin puis Louis XVI et Raphaël Canet en Fersen.

Marie-Antoinette étant complexe et son histoire chargée, Thierry Malandain a dû restreindre son ambition à quelques facettes de la personnalité de la reine. La pièce est bien découpée en quatorze séquences illustrant les principales étapes de sa vie, insistant sur la protectrice des arts, artiste elle-même, plus que sur les épisodes scabreux de son règne. Mais il n’a pas pu esquiver la fin tragique, résumée en un dernier tableau (« À mort l’Autrichienne ! »), avec une foule en noir, qui n’est pas le plus réussi.

Les quatre-vingts minutes que dure le ballet baignent dans une grâce, une joie de danser, une fluidité qui en font, avec l'aide du surtitrage éclairant le contenu des épisodes et des costumes évocateurs, un récit très lisible, au vocabulaire néoclassique (néobaroque parfois), et sans aucune longueur.

 

* Bordeaux les 19 et 20 avril, Wolfsburg le 21, Reims les 25 et 26 mai, Biarritz les 1er et 2 juin puis du 7 au 9 août, San Sebastián du 31 juillet au 3 août ; reprise à Versailles du 4 au 7 juin 2020.

http://malandainballet.com/tournees

 

Olivier Brunel

Source : Le Quotidien du médecin: 9739