« Jojo Rabbit », « Cuban Network » et autres nouveaux films

Tours et détours de l'Histoire

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Publié le 30/01/2020

L'histoire récente s'invite une nouvelle fois sur les écrans, celle du nazisme avec la « satire anti-haine » de Taika Waititi et celle de Cuba avec les espions qu'évoque Olivier Assayas.

« Jojo Rabbit »

« Jojo Rabbit »
Crédit photo : TWENTIETH CENTURY FOX

Avec ses 6 nominations aux Oscars, dont celles de meilleur film et de meilleure actrice dans un second rôle pour Scarlett Johansson*, et son sujet, Hitler et l'endoctrinement des enfants, « Jojo Rabbit » ne devrait pas laisser indifférent. Son réalisateur est le Néo-Zélandais Taika Waititi, auréolé du succès des aventures du héros Marvel Thor (« Thor : Ragnarok », 2017, et à venir « Thor : Love and Thunder »). De mère juive et de père maori, il a choisi l'humour, la satire pour évoquer le nazisme, n'hésitant pas à endosser lui-même le rôle d'Hitler.

Le film, qui s'inspire du livre de Christine Leunens « le Ciel en cage » (2004, en français en 2007), met en scène un garçon allemand de 10 ans enrôlé dans les jeunesses hitlériennes et qui, solitaire, s'invente un drôle d'ami imaginaire, Hitler… Tandis que sa mère cache une jeune fille juive.

Olivier Assayas, qui s'intéresse aux « guerres souterraines » de notre époque, a pu tourner à Cuba même « Cuban Network », l'histoire vraie de cinq espions cubains installés à Miami au début des années 1990. Ces « derniers Soldats de la guerre froide », selon le titre du livre du Brésilien Fernando Morais qui a inspiré le film, sont chargés d'infiltrer des groupuscules anticastristes responsables d'attentats sur l'île. Mais l'histoire est d'autant moins simple que le FBI joue un double jeu. Avec Penélope Cruz, Edgar Ramirez, Gael Garcia Bernal, Ana de Armas.

Autre histoire vraie, « la Voie de la justice », de Destin Daniel Cretton, raconte comment l'avocat Bryan Stevenson (Michael B. Jordan) a réussi à faire innocenter un Noir condamné à mort en Alabama pour le meurtre d'une jeune fille blanche (Jamie Foxx).

« Les Traducteurs », de Régis Roinsard (« Populaire »), enferme dans un huis-clos neuf hommes et femmes chargés de traduire en secret le dernier tome d’un des plus grands succès de la littérature mondiale ; or, un pirate divulgue les premières pages sur Internet et demande une rançon. Qui a trahi ? Un polar à la distribution internationale, dont Lambert Wilson (l'éditeur), Olga Kurylenko, Riccardo Scamarcio, Sidse Babett Knudsen, Eduardo Noriega, Frédéric Chau, Sara Giraudeau.

Dany Boon fera-t-il recette avec « le Lion », comédie d'action signée de Ludovic Colbeau-Justin, qui l'associe avec Philippe Katerine ? Le premier est un agent secret surnommé « le lion », enfermé au départ dans un hôpital psychiatrique, le second son psychiatre, le duo devant affronter de dangereux truands.

Autre comédie, « l'Esprit de famille », d'Éric Besnard, dans laquelle un père mort (François Berléand) ne cesse de commenter les actes de son fils (Guillaume de Tonquédec), lequel est le seul à le voir, dans une famille gentiment extravagante (avec Josiane Balasko et Isabelle Carré, entre autres).

Prix du scénario de la section « Orizzonti » du festival de Venise, « Revenir », première réalisation de Jessica Palud, réunit Niels Schneider et Adèle Exarchopoulos (il revient dans la ferme familiale après douze ans d'absence, elle est la compagne de son frère disparu) pour évoquer la détresse des paysans.

* Également nommée pour l'oscar de la meilleure actrice pour « Marriage Story », de Noah Baumbach (production Netflix).

Renée Carton

Source : Le Quotidien du médecin