Au Petit Palais et au musée de la Vie romantique

Quand Paris était romantique

Par
Caroline Chaine -
Publié le 13/06/2019
Art-Delacroix

Art-Delacroix
Crédit photo : MINNEAPOLIS INSTITUTE OF ART/BRIDGEMAN IMAGES

Art-Paris romantique

Art-Paris romantique
Crédit photo : MUSÉE CARNAVALET/ROGER-VIOLLET

Après la chute de Napoléon, Paris demeure, sous la Restauration et la monarchie de Juillet, une capitale culturelle très dynamique, qui attire de nombreux artistes étrangers. Le Petit Palais nous convie à une promenade dans ce « Paris romantique » (1815 à 1848).

Désormais, les rois résident aux Tuileries. On y voit la duchesse de Berry, épouse puis veuve du second fils de Charles X, connue pour ses fêtes et son goût pour la mode. Ou Ferdinand, fils de Louis-Philippe, qui restaure le goût XVIIIe, alors que sa sœur, la sculptrice Marie d’Orléans, regarde vers le Moyen Âge.

Le Palais-Royal, ancienne résidence des Orléans rénové par Fontaine, devient, avec sa Galerie, le temple du commerce de luxe et des plaisirs. Au Louvre se tient le Salon. Une salle de l'exposition rapproche judicieusement les courants et les grands talents de l’époque, tant en peinture, avec Ingres, Girodet, Delacroix, Chassériau, Horace Vernet, Delaroche, qu’en sculpture, avec Bosio, David d’Angers, Pradier, Préault.

C’est avec Daumier (« le Massacre de la rue Transnonain », 1834) et Grandville que l’on revit la victoire du peuple face aux troupes royales de la révolution de 1830 (et avec les bornes numériques insérées dans le parcours). La « peinture troubadour », née à la Révolution, poursuit le goût du Moyen Âge, qui sera ravivé par Victor Hugo avec « Notre-Dame de Paris » (1831).

La monarchie de Juillet, c’est aussi la lutte des classiques contre les romantiques avec la bataille d’« Hernani », du même Hugo, et « la Symphonie fantastique » d’Hector Berlioz. Une ville qui s’embellit avec l’achèvement de l’Arc de Triomphe de l’Étoile et de l’église de la Madeleine, l’érection la colonne de la Bastille et la construction du tombeau de Napoléon aux Invalides. L’Empire, la liberté acquise à la Révolution et la religion sont réunis.

Le Quartier latin est celui de la bohème, des grisettes, des étudiants, des bals publics (La Grande Chaumière). À la Chaussée d’Antin, on retrouve les banquiers et les grands collectionneurs, et à la Nouvelle Athènes, actuel 9e arrondissement, les artistes, musiciens et écrivains (George Sand, Frédéric Chopin, Alexandre Dumas). Aux Grands Boulevards les magasins luxueux et les cafés, et au boulevard Saint-Martin les théâtres populaires.

La Révolution de 1848, née de l’interdiction par Louis Philippe d’un grand banquet républicain à Paris, débouchera sur la Deuxième République avec Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, et la désillusion de la génération romantique.

Les salons littéraires

Le musée de la Vie romantique nous invite quant à lui dans les salons littéraires. Les artistes se retrouvent dans des cénacles parisiens, chez Charles Nodier, Victor Hugo, qui prépare la bataille d’Hernani, Madame Récamier, où l’on attend les pages inédites des « Mémoires d’outre-tombe » de Chateaubriand, ou Delphine de Girardin, dont le mari influent possède le quotidien parisien « la Presse ». Il y a aussi le club des Haschischins, plus orientés sur les paradis artificiels, auquel participe Baudelaire.

Cette « fraternité des arts », qui associe musique, lettres et beaux-arts, est immortalisée par Nadar dans son Panthéon en 1854 et exposée dans l’ancien atelier du peintre Ary Sheffer, dans la Nouvelle Athènes. Là où se trouve aujourd'hui le musée de la Vie romantique

À voir aussi au Petit Palais jusqu’au 1er septembre, une sélection de 140 dessins du musée de Weimar, choisie par Goethe (1749-1832) pour le Grand-Duc de Saxe-Weimar-Eisenach, l’âge d’or du dessin romantique en Allemagne. Et l'immersion dans le Paris romantique à poursuivre in situ grâce à une application mobile reprenant le parcours des différents quartiers.

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu'au 15 septembre 

www.petitpalais.paris.fr

www.museevieromantique.paris.fr

 

Caroline Chaine

Source : Le Quotidien du médecin: 9757