Deux nouveaux musées

À Porquerolles l'art contemporain, à Nîmes la romanité

Par
Caroline Chaine -
Publié le 21/06/2018
Art-Musée de la romanité

Art-Musée de la romanité
Crédit photo : MUSÉE DE LA ROMANITÉ

Créée en 2000 par le financier Édouard Carmignac, la Fondation qui porte son nom s'est dotée sur l'île préservée de Porquerolles d'un lieu d'exposition, qui a ouvert ses portes au début du mois, la Villa Carmignac (1). Dans un espace de 1 500 m2 creusé en sous-sol, en partie éclairé par la lumière zénithale provenant de l’ancienne piscine, on peut y admirer 70 œuvres parmi les 300 de la collection.

On y retrouve tous les grands contemporains, Andy Warhol, Basquiat, Roy Lichtenstein, Gerhard Richter, John Baldessar, Yves Klein, Ed Ruscha… Il y a aussi un Botticelli, des artistes moins connus, comme Pavel Wolberg ou Korakrit Arunanondchai, ainsi que des photos, la Fondation ayant créé en 2009 le Prix du photojournalisme, consacré aux droits de l’homme. Dans le jardin de sculptures signé Louis Benech, Ugo Rodinone, Calder, Niels Udo. Un espace serein, ouvert sur cette très belle nature, que l’on découvre pieds nus et qui laisse respirer les œuvres.

Depuis les Celtes

À Nîmes, les premiers à s’installer, autour d’une source, sont les Celtes au VIe siècle avant JC. C’est la colonisation romaine, en 120 avant JC, qui donne à la ville son plein essor : avec la Via Domitia, elle devient le passage obligé entre l’Italie et la péninsule ibérique. Jules César y construit le château d’eau et l’aqueduc que l’on retrouve au Pont du Gard et Auguste une enceinte, les arènes, la Maison Carrée, la tour Magne et le temple de Diane. Ces monuments sont parmi les mieux conservés de l’empire romain. Toujours habitée, la ville médiévale s’organise autour des arènes.

La découverte lors de fouilles préventives d’une maison romaine, avec les deux mosaïques d’Achille et de Penthée, considérées comme les « plus belles pièces après celles de Pompéi », a renforcé l'idée de créer un nouveau cadre pour les collections archéologiques nîmoises, à l'étroit dans leur musée du XIXe. Ainsi est né face aux Arènes le musée de la Romanité (2), commandé à Elizabeth de Portzamparc, avec ses milliers de plaques de verre sérigraphiées. Quelque 5 000 pièces y racontent l’histoire de la ville. Et jusqu'au 24 septembre, on peut y voir une exposition temporaire sur les gladiateurs.

Après le Carré d’art, musée d’art contemporain de Norman Foster, et riche de son patrimoine, la ville pourrait demander un classement au patrimoine mondial de l’Unesco.

Signalons également la réouverture, le 7 juillet, du musée de Lodève (3), dont la collection d’archéologie provient en majorité du lac du Salagou (classé Grand Site) et du cirque de Navacelles voisin. L’occasion d’un voyage depuis le Néolithique, avec des pièces étonnantes, comme des traces de gouttes de pluie tombées sur un fossile il y a 285 milions d’années ou celles de pas d’une famille dans une grotte il y a 9 000 ans.

Le musée héberge aussi le fonds d’atelier du sculpteur Paul Dardé (1888-1963) et, pour son exposition estivale, a choisi le thème du faune, symbole de fécondité et de lubricité aussi bien dans l’empire romain que chez Picasso.

 

 

 

 

 

(1) Villa Carmignac, entrée sur réservation, www.fondationcarmignac.com
(2) Musée de la romanité, tél. 04.48.21.02.10, www.museedelaromanite.fr
(3) Musée de Lodève, tél. 04.67.88.86.10, www.museedelodeve.fr

Caroline Chaine

Source : Le Quotidien du médecin: 9675