Aix, Caen, Montauban, Paris

Paysages et voyages

Par
Caroline Chaine -
Publié le 16/01/2020

Les paysages qui révèlent un pays : au centre d’art Caumont à Aix-en-Provence les estampes des grands maîtres du Japon de l’époque d'Edo et au musée des Beaux-Arts de Caen les Passages de la Norvégienne Anna-Eva Bergman. Et deux musées rénovés : à Montauban le Musée Ingres-Bourdelle et à Paris le Musée de La Poste.

Hiroshige, vue d'Edo, 1857

Hiroshige, vue d'Edo, 1857
Crédit photo : FONDATION JERZY LESKOWICZ

À Aix-en-Provence, à l'Hôtel de Caumont (1), « Hokusai, Hiroshige, Utamaro - Les grands maîtres du Japon », 150 estampes provenant majoritairement de la collection de Georges Leskowitz, qui en compte 1800 et est l'une des plus importantes au monde. À la fin du XIXe siècle, lorsque le Japon s’ouvre au monde, l’Occident découvre les estampes japonaises des deux siècles écoulés. Les ukiyo-e, « images du monde flottant », à visée philosophique, avec leurs personnages dans des paysages. Elles sont naturalistes, très colorées et gravées sur bois.

Ce sont les « Trente-Six Vues du mont Fuji » d’Hokusai et sa fameuse « Vague », les « Soixante-Neuf Stations de la route Kisokaidō » d’Hiroshige et Eisen, les portraits de femmes et scènes de genre d’Utamaro. S'y ajoutent des scènes de vie quotidienne, les acteurs du théâtre kabuki, les natures mortes et des scènes érotiques. À voir aussi les surimonos, destinés un cercle d’amateurs plus restreints, tirés en peu d’exemplaires, qui associent aux images des textes poétiques avec des calligraphies recherchées. Et des objets, des photos, des extraits de films immergeant le visiteur dans la vie quotidienne et la riche culture de cette époque.

Au nord du cercle polaire

Au musée des Beaux-Arts de Caen (2), « Anna-Eva Bergman - Passages ». De deux voyages en 1950 et 1964 dans le nord de sa Norvège natale, dans les îles Lofoten et au Finnmark, à la frontière de la Russie, la peintre revient avec des tableaux abstraits. Ce sont en fait les paysages qui le sont, les fjords, les glaciers, les falaises, les horizons, baignés de cette lumière si particulière qu’elle cadre de manière frontale. Les feuilles d’or ou d’argent qu’elle colle sur la toile et recouvre de peinture renforçant cette impression d’irréel.

Après des études à Oslo et à Paris, où elle rencontre Hans Hartung (exposé au musée d’Art moderne de la Ville de Paris jusqu’au 1er mars), qu'elle épousera deux fois, Anna-Eva Bergman (1909-1987) fait en Norvège pendant la guerre des études de littérature et de philosophie. Elle revient à la peinture à la fin des années 1940, avec une approche minimaliste marquée par l’absence. L'exposition, qui réunit 80 peintures, dessins, photos, réalisés entre 1950 et 1985, est organisée avec la Fondation Hartung-Bergman, créée à Antibes dans la maison où vivaient et travaillaient les deux peintres.

Des musées repensés

À Montauban, le musée Ingres, installé dans le palais épiscopal, devient le musée Ingres-Bourdelle (3). Ses collections viennent des fonds d’atelier des deux artistes, natifs de la ville. Pour Ingres (1780-1867), objets personnels, œuvres de jeunesse et œuvres de ses élèves, sa collection privée, qui associe Nicolas Poussin et des primitifs italiens, et surtout son très beau fond de dessins. Pour Bourdelle (1861-1929), « Héraklès archer » (1909) et une galerie de portraits.

À Paris, le Musée de La Poste (4), inauguré en 1973, a été complètement repensé, avec une présentation autour d'une colonne de lumière sur 3 niveaux. C'est à la fois un musée de l’histoire postale, avec 37 000 œuvres, un musée d’art philatélique, avec 53 000 timbres depuis 1949, et un fond d’art contemporain, avec 5 000 pièces, street art, boîtes aux lettres détournées par les artistes…

 

(1) Jusqu'au 22 mars, caumont-centredart.com

(2) Jusqu'au 1er mars, mba.caen.fr

(3) museeingresbourdelle.com

(4) museedelaposte.fr

 

Caroline Chaine

Source : Le Quotidien du médecin