Vacances en France (9)

Oléron, les pieds dans l'eau

Par
Annick Bernhardt-Olivieri -
Publié le 10/07/2020

Différente de l’île de Ré, sa proche voisine, Oléron s’attache à préserver ses plages sauvages, ses dunes fossiles, ses massifs forestiers de chênes verts et pins odorants. Sans oublier ses traditions séculaires de pêche, son savoir-faire ostréicole et sa culture saline. Une destination de choix pour les curieux de l’univers marin.

Oléron

Pêche à pied écolo avec Jean-Baptiste Bonnin
Crédit photo : DR

Au large des sables blonds de Saint-Denis d’Oléron, à quelques encablures de la plage de La Boirie, aux pittoresques cabines de bois colorées, les amateurs de sports nautiques s’en donnent à cœur joie.

Au bout de la pointe nord, le phare de Chassiron trône dans son maillot rayé de marin, dévoilant à marée basse son platier rocheux taillé par les assauts des vagues. Il offre aux plus courageux, prêts à gravir ses 224 marches, un magnifique point de vue sur « le bout du monde ». En prime, un jardin exceptionnel, en rose des vents.

Au pied du fanal géant, l’emblématique estran dévoile ses écluses de pierres sèches. Un patrimoine marin fascinant. Lorsque la mer se retire, les murets assemblés en immenses demi-cercles deviennent des pièges à poissons, les plus petits pouvant s’échapper par les interstices et grilles aménagées à cet effet. Les anciens veillaient à ne pas épuiser les ressources de la mer. Cette pratique de pêche, qui date du Moyen Âge, est aujourd’hui exclusivement réservée aux « mareyants ». Sous la férule d’un chef d’écluse, ils pêchent à tour de rôle et doivent entretenir les murets.

Hors de la réserve naturelle qui s’étend de Boyardville au Château d’Oléron et des abords des parcs à huîtres et concessions, la pêche à pied est possible partout. Tout particulièrement sur les estrans de La Cotinière, qui abrite un très joli petit port coloré et une criée biquotidienne, de Chaucre et de Chassiron. Un loisir, l’un des favoris des îliens et des estivants, qui doit se pratiquer dans le respect de l’environnement et de son écosystème.

À l'occasion on pourra croiser Jean-Baptiste Bonnin, coordinateur de l’association IODDE (Île d’Oléron Développement Durable Environnement), qui se fait fort de guider les amateurs de coques, palourdes, étrilles, bigorneaux… Avec le bonheur et la pédagogie d’un passionné du littoral.

Les règles sont simples. Ne pas ramasser les coquillages et crustacés en deçà d'une certaine taille, respecter les quantités autorisées et remettre en place chaque rocher retourné, afin de préserver les organismes vivants qui y logent. Pour mémoire, plus de 4 milliards de roches sont explorées chaque année !

De jolies petites cabanes aux couleurs vitaminées – certaines sont devenues des ateliers d’artistes – témoignent d’une autre pratique séculaire de l’île, l’ostréiculture. Activité qui se découvre au long de la route des huîtres. Et particulièrement dans le village centenaire de Fort-Royer. On y cultive les huîtres à l’ancienne, cinq années étant nécessaires à leur croissance. Les naissains sont captés, comme jadis, en pleine mer.

Saviez-vous que l’huître change de sexe chaque année ? Qu’elle est capable de filtrer plus de 7 litres d’eau par heure ? Les ostréiculteurs de Fort-Royer utilisent les bassins d’argile — les claires — d’anciens marais salants, pour affiner, 28 jours durant, en eau plus ou moins douce, les fines de claire, les fines de claire vertes ou les pousses en claire Label rouge. Dans la sérénité des marais salants, il est agréable de prendre place au Relais des Salines pour goûter aux huîtres chaudes à la fondue de poireaux. Un régal que l’on doit à tous ces travailleurs de la mer.

 

Annick Bernhardt-Olivieri
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Source : Le Quotidien du médecin