Au musée Marmottan Monet

Mondrian avant l'abstraction

Par Caroline Chaine
Publié le 03/10/2019
- Mis à jour le 04/10/2019

Piet Mondrian (1872-1944) est jusqu'au 26 janvier au musée Marmottan Monet* avec 70 tableaux témoignant de son passage du figuratif à l’abstraction. Une exposition très éclairante.

Moulin dans le crépuscule, vers 1907-1908

Moulin dans le crépuscule, vers 1907-1908
Crédit photo : KUNSTMUSEUM, DEN HAAG

Si le Mondrian abstrait est bien connu, avec ses lignes horizontales et ses couleurs primaires, ses débuts le sont moins. Il rencontre son premier collectionneur, le diamantaire Salomon Slijper, aux Pays-Bas, son pays natal, alors qu’il ne peut rentrer en France, où il s'était installé peu auparavant, à cause de la guerre, et que, pour vivre, il effectue des copies au Rijksmuseum. Une amitié naît. Et pour permettre au peintre de rentrer à Paris à la fin du conflit, Slijper lui achète, sans les voir, des œuvres des années 1891 à 1918 restées dans son atelier.

Après ses débuts dans la tradition hollandaise, des natures mortes, des moulins, Mondrian considère que « les couleurs de la nature ne peuvent être imitées sur la toile » et opte pour des couleurs pures et vives à la recherche de « l’essence de la nature ». Une réflexion liée à son engagement en 1909 dans la théosophie, fondée sur une recherche de vérité par la philosophie, la science et les religions orientales. Ses autoportraits aux grands yeux cernés de noir montrent à quel point il est habité et ses paysages s’éloignent du motif. Un an plus tard il adopte les formes simples et géométriques du cubisme et va renoncer à ses couleurs vives, mais le motif est toujours reconnaissable. L’étape de transition finale sera le néoplasticisme du mouvement De Stijl, fondé avec Theo Van Doesburg en 1917, avec des lignes verticales et horizontales en grille, une absence de symétrie et des couleurs pures, bleue, rouge, jaune.

En 1930, Mondrian refuse la commande de Slijper d’une œuvre « à l’ancienne » mais il continuera à peindre pour lui des paysages et des fleurs. Si certains reprocheront au mécène d’avoir acheté à bas prix ses premières toiles, le peintre lui en sera reconnaissant. En outre, Slijper les a conservées et les a léguées au musée de La Haye.

Presque contemporain, le Néerlandais Willem Bastiaan Tholen (1860-1931) est exposé à la Fondation Custodia jusqu’au 15 décembre. Avec ses cadrages audacieux presque photographiques, il prend ses distances avec l’école impressionniste de La Haye des années 1880.

Et aussi à Paris

Le musée du quai Branly-Jacques-Chirac est gratuit jusqu'au 11 octobre, en hommage à l'ancien président, à l'origine de sa création. L'exposition « Vingt Ans », qui vient de s'ouvrir, évoque son histoire et l'acquisition de ses collections à travers 500 œuvres provenant des cultures non occidentales, statues, tissus, coiffes..., mais aussi enregistrements et archives (jusqu'au 26 janvier).

Au musée Guimet, jusqu'au 4 novembre, « Bouddha, la légende dorée », le Bienheureux ou l’Éveillé, son histoire et ses représentations dans l’Asie bouddhique. Un voyage qui est aussi spirituel pour celui qui a donné naissance à la quatrième religion du monde.

17e Nuit Blanche, le 5 octobre. Seul ou en famille, en vélo, à pied ou en courant, Paris et sa métropole en fête pour une nuit placée sous le signe du mouvement et de la mobilité, avec des artistes, performeurs, musiciens, DJ. Un concept déjà repris par plus de 30 villes dans le monde. La veille, le 4 octobre, « le Bouquet de tulipes » de Jeff Koons, haut de 10 m, doit être inauguré près du Petit Palais.

À Lyon et à Lille

Du nouveau pour la 15e édition de la Biennale d'art contemporain de Lyon**, qui se tient jusqu'au 5 janvier : le commissariat confié à l’équipe du Palais de Tokyo à Paris ; un lieu supplémentaire, l'immense friche industrielle des usines d’électroménager Fagor-Brandt, qui accueille désormais des projets culturels ; et des manifestations dans toute la région Rhône-Alpes. Cinquante artistes internationaux ont créé un « Paysage » où s’entrecroisent le biologique, l’économique et notre place dans l’Univers.

À Lille, au Palais des Beaux-Arts, jusqu'au 6 janvier, « Le rêve d'être artiste ». Le même rêve, du Moyen Âge à nos jours, vivre de son art et être reconnu. Académique ou bohème, il faut se faire un nom, trouver des marchands ou des mécènes, gérer son image, souvent par l’autoportrait, et parfois avec un œil critique. Cinq cents ans de vie d’artistes comme un désir d’immortalité, de Dürer à Marina Abramovic et Jeff Koons, en passant par David, Goya, Manet, Frida Khalo, Ribera, Camille Claudel, Ai Wei Wei…

* www.marmottan.fr
** www.biennaledelyon.com

Caroline Chaine

Source : Le Quotidien du médecin