« Électre des bas-fonds », de Simon Abkarian

L'esprit de partage

Par Armelle Héliot
Publié le 07/10/2019
- Mis à jour le 11/10/2019

Auteur revisitant les tragiques grecs, le comédien Simon Abkarian dirige une troupe bigarrée qui joue, danse, accompagnée de musiciens. Un esprit très chaleureux de partage.

Assaad Bouab et le Chœur

Assaad Bouab et le Chœur
Crédit photo : ANTOINE AGOUDJIAN

Un mot circonscrit le projet de Simon Abkarian : la générosité, le goût du partage. Ce comédien très doué que l’on a vu grandir au sein de la troupe d’Ariane Mnouchkine est devenu, au fil du temps, un homme de théâtre complet.

Si la télévision et le cinéma ont fait connaître d’un large cercle cet artiste d’origine arménienne, il ne se passe pas de la scène. Depuis quelques années, il écrit. Il s’inspire souvent des tragiques grecs pour raconter notre monde et puise dans les conflits intimes ou les guerres des trames, des personnages, des images puissantes. Il est riche d’une relation profonde avec la poésie et avec la musique. C’est un chef de troupe, un metteur en scène généreux qui, dans « Électre des bas-fonds », sa nouvelle création, se glisse au milieu des acteurs pour mieux partager ce qu’il veut offrir au public.

Il réunit quatorze comédiennes-danseuses, quatre comédiens qui savent eux aussi danser, bouger, et trois musiciens remarquables qui accompagnent continûment la représentation. Des personnalités différentes se liguent pour nous raconter ce qu’Euripide et Sophocle ont narré.

Dans la belle salle du Théâtre du Soleil, le spectacle se déploie en images somptueuses. Beaux costumes, belles lumières. Chorégraphies très bien réglées. Scènes d’ensemble, scènes intimes, destins tragiques et moments de paix. On est pris, on est emporté, on suit les aventures d’Électre, de son frère Oreste. On adhère ou non à leur désir de vengeance contre leur mère Clytemnestre et son complice Égisthe, on écoute leur sœur Chrysothémis ou la nourrice qui observe l’action et la commente. C’est le jeu d’ensemble qui compte ici, la sincérité fraternelle qui lie des interprètes venus d’horizons différents et qui nous touchent.

 

 

Théâtre du Soleil, jusqu'au 3 novembre, les mercredi, jeudi, vendredi à 19 h 30, le samedi à 15 heures, le dimanche à 13 h 30. Durée 2 h 20 sans entracte. Tél. 01.43.74.24.08, www.theatre-du-soleil.fr

Armelle Héliot

Source : Le Quotidien du médecin