Claire Darling et autres personnages

Les reines de l'écran

Par
Renée Carton -
Publié le 07/02/2019
Cinéma-Claire Darling

Cinéma-Claire Darling
Crédit photo : PYRAMIDE FILMS

« La Dernière Folie de Claire Darling », de Julie Bertuccelli

Une vieille dame, qui semble un peu désorientée, dans une maison remplie de bibelots, peintures, automates, lampes Tiffany et autres objets anciens et de prix. C'est Catherine Deneuve, cheveux blancs, robe fleurie… et actrice qui nous réserve toujours des surprises. Elle est l'héroïne du troisième long métrage de fiction de Julie Bertuccelli (« Depuis qu'Otar est parti… » « l'Arbre »), adaptation d'un roman de l'Américaine Lynda Rutledge.

La folie de Claire Darling, c'est d'organiser un vide-grenier dans son jardin pour se débarrasser de tous les meubles et objets de sa maison familiale. L'action se déroule sur une journée, mais sans cesse interviennent les souvenirs de Claire ou de sa fille Marie (Chiara Mastroianni), qui revient après vingt ans d'absence. C'est donc toute une vie, en tout cas ses drames, qui est ici mise en scène, sans solution de continuité.

Julie Bertuccelli, qui se reconnaît elle-même atteinte d'un attachement pathologique aux objets, a utilisé une partie de ses propres collections et tourné dans la maison de sa grand-mère dans l'Oise. Elle compose une atmosphère étrange, presque hors du temps, flirtant avec l'onirisme. Mais si le mélodrame apparaît par bien des aspects démodé, le charme décalé du film agit. Sur lequel règne Deneuve, tout décomposé que soit son personnage.

Et aussi

Les amateurs de procès au cinéma ne manqueront pas « Une intime conviction », d'Antoine Raimbault, qui s'inspire de l'affaire Viguier, avec Olivier Gourmet dans la robe d'Éric Dupont-Moretti. Avec « Tout ce qu'il me reste de la révolution », Judith Davis réalise (c'est son premier film) et joue une comédie qui parle de notre société néolibérale et de ses injustices. Et bien sûr la comédie populaire de la semaine, « Nicky Larson et le parfum de Cupidon », de et avec Philippe Lacheau, d'après une série d'animation des années 1990, elle-même issue d'un manga.

Dans « Kabullywood », de Louis Meunier, qui a longtemps travaillé comme humanitaire en Afghanistan, quatre étudiants s'emploient à rénover un cinéma abandonné de Kaboul. Un message d'espoir sur la culture et la liberté d'expression, même si les portes de la salle remise en état ont dû rester fermées.

Parmi les favoris des Oscars (10 nominations, à égalité avec « Roma », d'Alfonso Cuaron), le dernier film de l'imaginatif Yorgos Lanthimos, « la Favorite », nous entraîne dans l'Angleterre aristocratique du XVIIIe, avec la reine Anne (Olivia Colman), son amie intime et conseillère politique Lady Sarah (Rachel Weisz) et une aristocrate déchue manipulatrice (Emma Stone). Intrigues en tout genre, plutôt côté farce.

Autre cinéaste apprécié des cinéphiles, pas toujours facile à suivre, le Mexicain Carlos Reygadas, qui signe « Nuestro Tiempo », étude d'un couple bourgeois, qu'il incarne lui-même avec son épouse Natalia Lopez. Un père (Steve Carell) qui tente de sauver son fils accro à l'héroïne (Timothe Chalamet), c'est « My beautiful Boy » de Felix Van Groeningen (l'émouvant « Alabama Monroe »). Grand froid avec « Arctic », de Joe Penna, avec Mads Mikkelsen en scientifique qui tente de survivre en solitaire dans les étendues glacées du pôle Nord.

Enfin, les enfants se précipiteront vers « Dragons 3 », à l'action enlevée et visuellement très réussi. Sans négliger « Mango », charmant film d'animation anglais en stop-motion, dans lequel une jeune taupe est partagée entre la mine où le mène la tradition familiale, et qui est menacée par un gangster, et son rêve de participer à la Coupe du monde de football

 

Renée Carton

Source : Le Quotidien du médecin: 9722