Vis ma vie aux urgences

Les perles de patients « casse-couilles » dans un livre

Par
Marie Foult -
Publié le 23/04/2019
Couverture livre patients casse-couilles

Couverture livre patients casse-couilles
Crédit photo : éd. de l'opportun

Il y a les impatients, les hypocondriaques, ceux qui savent mieux que le médecin, ou s'emmêlent les pinceaux. Dans son livre, le Dr Sonia Camay, a compilé les « perles » entendues aux urgences, service où elle a exercé pendant 12 ans. Des petites phrases qui font sourire mais en disent long sur le quotidien des personnels.

« Je garde en tête des phrases, des histoires sordides, des dénouements heureux ou épouvantables. Il n'y a pas une seule soirée où je ne suis pas sollicitée pour raconter une anecdote des urgences pour divertir mes amis », écrit le Dr Camay.

Il faut dire qu'il y a de quoi rire. Comme ce patient qui demande à se faire ramener par les pompiers, « pour ne pas réveiller sa femme », un autre qui veut une ordonnance pour du cannabis ou un dernier qui se propose d'essayer « le vaccin contre le sida » car il en a « marre des capotes ». Parmi les autres phrases « cultes » épinglées par l'auteur, on peut citer « j'ai mal à la gorge quand j'avale ma bave », « je me suis cassé une côtelette », ou encore « ma femme a de gros problèmes de prostate ».

Parfois l'alcool s'en mêle, et le patient est alors de mauvaise foi(e). « Ce n'est pas la première fois qu'on me dit que j'ai de l'alcool dans le sang… Et pourtant je ne bois presque jamais ! », « j'ai une maladie, mon corps fabrique de l'alcool », ou le classique « trois grammes ? Mais je n'ai bu qu'une petite bière ! »

Service pressing

Le patient des urgences est aussi capricieux : « Docteur, deux jours d'arrêt ? Ça ne fait pas sérieux, donnez-moi plutôt la semaine » ou encore « Vous n'avez pas un service de pressing ? Il y a du sang sur mes vêtements ! » Parfois il est donneur de leçon : « si vous étiez mieux organisés et que vous donniez des rendez-vous, cela fonctionnerait mieux ! » Il est également misogyne : « Vous n'êtes pas l'infirmière ? D'habitude les médecins sont des hommes ! », « Question sexe, avec vos gardes la nuit, vous devez en connaître un rayon ! »

Malgré le ton humoristique, l'auteur ne perd pas de vue la problématique des métiers de soins. « Les médecins courent, les infirmières se précipitent et les aides-soignants s'épuisent. Le patient devient client : il a un problème et veut une réponse immédiate. Les soins deviennent alors des produits de consommation », résume le Dr Camay.

« Patients casse-couilles, fous rires aux urgences », de Sonia Camay, Les Éditions de l'opportun, 191 p., 9,90 euros

 

 

M.F

Source : Le Quotidien du médecin: 9743