Deux disques et un livre

Les Lords du rock anglais

Par
Didier Pennequin -
Publié le 18/11/2019

Si le rock anglais a quelque peu perdu de sa superbe, certains de ses hérauts, largement septuagénaires, comme Van Morrison et Ronnie Wood, entretiennent la flamme.

« Un accord, c'est bien. Deux accords, vous poussez un peu. Trois accords, c'est du jazz », a un jour déclaré le chanteur Lou Reed. « Three Chords And The Truth » (Caroline/Universal) lui répond Van Morrison dans son dernier disque. Le sixième en quatre ans, mais le premier depuis 2012 et « Born to Sing : No Plan B », à inclure 14 compositions originales (dont une avec Bill Medley, chanteur des Righteous Brothers).

Le chanteur auteur-compositeur originaire de Belfast, 74 ans, reste fidèle à sa marque de fabrique, mélange de R&B, de blues, de rock, de jazz voire de country music et de musique celtique. Et puis cette voix ! Toujours aussi incroyable, à la fois chaude et rocailleuse, de plus en plus profonde et qui gronde de plaisir avec l'âge mais qui sait aussi roucouler quand il le faut. Pour le plaisir !

Guitariste des Rolling Stones depuis1975, Ronnie Wood, 72 ans, fut bassiste du Jeff Beck Group (dont le chanteur s'appelait Rod Stewart) avant de rejoindre les Small Faces, qui deviendront The Faces à l'aube des années 1970. S'il partage son temps entre la peinture, son autre passion, et le légendaire groupe de rock, le guitariste trouve aussi l'occasion de rendre hommage à certaines figures historiques du rock et du rock'n'roll. Comme Chuck Berry (1926-2017), son premier héros musical, dans « Mad Lad - A Live Tribute to Chuck Berry » (BMG).

Cet album, premier d'une trilogie consacrée aux musiciens qui l'ont influencé, comprend neuf classiques de l'icône du rock'n'roll, parmi lesquels « Johnny B. Goode », « Back in the U.S.A » ou « Little Queenie », couplés à des titres originaux qui sont dans cette même veine et atmosphère. Avec comme invitée spéciale la chanteuse irlandaise Imelda May (sur trois titres), il revisite avec dévotion et amour ces pages musicales, certes d'un autre temps, mais devenues impérissables.

L'Alien du rock

Il est venu, il a joué puis s'en est allé ! Jimi Hendrix (1942-1970) a quitté son enveloppe charnelle pour ne conserver que la musicale, soit quelques années au cours desquelles le génialissime guitariste gaucher a complètement bouleversé le monde de la musique rock. Il y a un avant et un après Jimi Hendrix. Les événements qui ont façonné la légende sont à découvrir dans « Stone Free - Jimi Hendrix de Londres à Monterey » (Castor Music, 288 p., 24 €). Le critique musical Jas Obrecht y décortique la période la plus prolifique de l'artiste, neuf mois de septembre 1966 à juin 1967 — le temps d'une grossesse ! - — qui, grâce à un jeu de guitare ébouriffant et à des compositions inoubliables, ont fait de lui une icône du Swinging London et un mythe.

Tout y est dévoilé : l'ascension fulgurante du guitariste et de son « Experience », ses rencontres, le choc provoqué chez ses pairs par son style innovant, les tournées, etc. La genèse de la trop courte saga hendrixienne.

Didier Pennequin

Source : Le Quotidien du médecin