En version grecque

Hellènes par trois

Par
Didier Pennequin -
Publié le 02/12/2019

Des musiciens de jazz grecs ? Oui cela existe et ils apportent la preuve que le jazz est vraiment une musique universelle. Et s'accommode de cultures différentes.

Stéphane Tsapis

Stéphane Tsapis
Crédit photo : ANDREAS PETRAKIS

Né en Suisse, le jeune pianiste franco-grec et compositeur Stéphane Tsapis, qui ne manque pas d'humour, travaille depuis longtemps à construire des ponts entre les cultures méditerranéennes, après avoir même composé pour... la Garde républicaine. Son actualité phonographique est double, avec « le Tsapis volant » (Cristal Records/Sony Music) et « le Piano oriental » (Cristal Records/Sony Music).

En trio augmenté de sept vocalistes, « le Tsapis volant » est un voyage en tapis volant (évidemment !) qui se nourrit de la riche et cosmopolite culture des principaux ports de la Méditerranée et qui fait la part belle à ces voix venues de Grèce, de Turquie mais également du Japon et de l'Amérique latine. En solo, « le Piano oriental » accompagne une bande dessinée éponyme de Zeina Abirached (Casterman).

Le tout montre à quel point l'esprit jazz et sa liberté fondamentale peuvent s'abreuver et s'infiltrer dans d'autres univers musicaux. Le pianiste sera en concert le 10 décembre au Studio de l'Ermitage à Paris.

Cultures aussi dans « Irrationalities » (Enja Yellow Bird/L'Autre distribution), du contrebassiste Petros Klampanis. Né en Grèce où il a grandi, le musicien, qui est aussi compositeur, s'est installé il y a quelques années à New York, où sa route a croisé celles des saxophonistes Greg Osby et Marc Turner, du pianiste français Jean-Michel Pilc et même des Snarky Puppy, le collectif à géométrie variable de Brooklyn.

Brassage des cultures

Partagé entre ses racines et l'ambiance unique de la Grosse Pomme, Klampanis propose, avec son nouvel opus en trio avec un pianiste estonien et un percussionniste polonais, une passerelle entre deux mondes et deux continents. Dénominateur commun : l'esthétique jazzy. Là encore, l'Est de l'Europe, les Balkans, la Méditerranée notamment, rejoignent les pulsations et les rythmes du jazz, dont le point d'orgue est la reprise du standard « Blame It on My Youth ». En concert, le 28 janvier 2020 au Sunside à Paris.

Du brassage des cultures, il en est encore question avec Apostolos Sideris. À la tête de son trio (un pianiste argentin et un batteur grec), augmenté de quelques invités (dont un flûtiste italien), le contrebassiste et vocaliste, né en Grèce de parents originaires d'Alexandrie en Égypte, installé depuis à Istanbul, a commis « Summation » (FreshSound Records/Socadisc).

Onze compositions originales (sur 12 titres) qui sont surtout des invitations au voyage dans un paysage sonore pluriethnique et pluriculturel, même si, là aussi, les enseignements du jazz — Sideris a étudié à la célèbre Berklee School of Music de Boston — sont en embuscade et permettent de libérer de belles improvisations, autour de mélodies aux inspirations variées. Un subtil mélange entre jazz et musiques orientales.

Didier Pennequin

Source : Le Quotidien du médecin