Jeux de basse

Grand-Mère donne le la

Par
Didier Pennequin -
Publié le 30/04/2020
La contrebasse, tendrement appelée grand-mère par ses pratiquants, et sa cousine la basse électrique, ont depuis longtemps déserté leur pupitre pour affirmer leur indépendance.

* Installé en France depuis 2004, Darryl Hall est quasiment de toutes les aventures musicales, aussi bien dans l'Hexagone, où il est très demandé pour la qualité et l'élégance de son jeu, qu'auprès des jazzmen américains de passage ou aux États-Unis. Sa carte de visite porte des noms célèbres : Archie Shepp, Uri Caine, Hank Jones, Dianne Reeves, Didier Lockwood, Cedar Walton, Ravi Coltrane, entre autres.

Hypersollicité, le contrebassiste, et accessoirement bassiste électrique, originaire de Philadelphie, a attendu près de deux décennies avant d'enregistrer son deuxième disque, « Swingin' Back » (Space Time Records/Socadisc). Une longue attente très largement récompensée.

L'instrumentiste, aussi souple dans son phrasé qu'un félin, s'est entouré d'une équipe de choc franco-américaine, comprenant notamment le saxophoniste (alto & soprano) Baptiste Herbin. Pour reprendre avec brio des mélodies éclectiques (« Curaçào Vagabundo » de Caetano Veloso, « Pink Panther », d'Henry Mancini) et des standards (Dizzy Gillespie, Joe Henderson), alternant avec des compositions personnelles élaborées. Un contrebassiste qui ne manque pas de surprendre par son aisance stylistique et son sens du swing sans modération.

* New York est depuis des lustres une seconde patrie pour la quasi-totalité des jazzmen israéliens. Ainsi Omer Avital, qui y est installé depuis le début des années 1990. Contrebassiste, compositeur, chef d'orchestre, propriétaire d'un club de jazz (Wilson Live, à Brooklyn) et d'une maison de disques (Zamzama Records), celui qui est parfois qualifié de « Mingus israélien » est un vrai caméléon à la casquette d'entrepreneur. Qui aime bien bousculer les formules.

Dernière en date, Qantar, un groupe explosif à deux saxophones qui vient de graver « New York Paradox » (Zamzama Records/Jazz&People/PIAS). Une formation et une musique originale, due à la plume de son prolifique et imaginatif leader, qui respirent et restituent l'ambiance urbaine de la Grosse Pomme, avec l'authenticité d'un jazz made in America.

Didier Pennequin

Source : Le Quotidien du médecin