Sur les écrans français et à Hollywood

Des valeurs sûres ?

Par
Renée Carton -
Publié le 09/01/2020

L'année cinématographique s'ouvre à l'heure d'Hollywood, avec le procès d'Harvey Weinstein et la remise des Golden Globes. Sur les écrans français, c'est encore le calme, avec entre autres nouveautés une farce policière roumaine, une fable politique burlesque française et un mélo sino-américain.

Brad Pitt héros de Hollywood

Brad Pitt héros de Hollywood
Crédit photo : DR

Les nouveaux films

« Les Siffleurs », du Roumain Corneliu Poromboiu (lauréat de la Caméra d'or en 2006 pour « 12 h 08 à l'Est de Bucarest »), a pour originalité de tourner autour de la langue sifflée de la Gomera, une île des Canaries, que des gangsters roumains utilisent pour communiquer sans risque, à l'heure de la surveillance généralisée que permet la technologie. Le héros est un policier corrompu, dont on suit l'itinéraire entre la Gomera et la Roumanie, au fil d'un entrelacement complexe de scènes actuelles et de flash-back. Le réalisateur s'amuse, et nous amuse parfois, avec de gros clins d'œil hollywoodiens (femme fatale, références à Ford ou Hitchcock).

« Merveilles à Montfermeil » : à quelques semaines des municipales, le premier long métrage de la comédienne Jeanne Balibar est une fable politique, qui imagine Emmanuelle Béart en maire de Montfermeil (où se passent aussi « les Misérables » de Ladj Ly) et fait de Ramzy Bédia son adjoint promoteur de la sieste, entre autres comédiens réjouissants.

« Un vrai bonhomme », de Benjamin Parent, est aussi un premier film, signé Benjamin Parent : il raconte les affres de l'adolescence à travers les difficultés d'un garçon aidé par son frère mort (Thomas Guy, Benjamin Voisin) qu'il est le seul à voir et entendre ; les parents étant incarnés par Isabelle Carré et Laurent Lucas.

« Sol » : de retour de Buenos Aires, une interprète de tango, qui était brouillée avec son fils disparu, cherche à rencontrer son petit-fils et la mère de ce dernier mais reste incognito (Chantal Lauby, Camille Chamoux, Giovani Pucci)

« Underwater », de William Eubank : Kristen Stewart et Vincent Cassel, coincés dans les profondeurs sous-marines à la suite d'un tremblement de terre, affrontent un monstre de nature inconnue.

« Tommaso », dAbel Ferrara : Willem Dafoe en artiste, ancien alcoolique en panne d'inspiration qui vit à Rome avec sa femme et leur fille, rattrapé par sa jalousie maladive, un personnage qui a sans doute des points communs avec le réalisateur.

« L’Adieu », de Lulu Wang : en partie autobiographique, un mélo, grand succès outre-Atlantique, autour d'une jeune Sino-Américaine qui vit aux États-Unis avec ses parents et retourne en Chine pour une réunion de famille autour de sa grand-mère, atteinte d'une maladie incurable mais qui l'ignore, selon la tradition chinoise.

« Les Enfants du temps » : le nouveau dessin animé de Makoto Shintai, le réalisateur de « Your Name », orchestre la rencontre, dans Tokyo sous une pluie sans fin, d'un lycéen fugueur et d'une jeune fille qui peut invoquer le beau temps par la prière.

La saison des prix à Hollywood

Les Golden Globes, prix pour les films et les séries attribués par l'Association de la presse étrangère à Hollywood, sont considérés comme de précieux indicateurs pour les Oscars, qui seront décernés le 9 février (nominations le 13 janvier). Cette année, on attendait Netflix, avec 34 nominations, dont celles de « Marriage Story » (Noah Baumbach) et « The Irishman » (Martin Scorsese). La plateforme n'a eu que 3 récompenses, au profit d'oeuvres magnifiées par le grand écran.

C'est ainsi que triomphe le « 1917 » de Sam Mendes, plongée dans la guerre que l'on pourra découvrir en France la semaine prochaine (meilleur film dramatique, meilleur réalisateur). Tandis que « Once Up a Time in Hollywood » est primé dans la catégorie comédie, avec aussi les prix du scénario pour Quentin Tarantino et du second rôle masculin pour le décontracté Brad Pitt. Joaquin Phoenix est sacré meilleur acteur dramatique pour « Joker » et Awkwafina, la vedette de « l'Adieu » (voir plus haut), meilleure actrice de comédie. La palme d'or de Cannes, (Bong Joon-ho), « Parasite », remporte le Globe du meilleur film en langue étrangère, aux dépens notamment des « Misérables ». Côté séries, HBO l'emporte avec « Succession » (les rivalités d'une puissante famille new-yorkaise) et « Chernobyl ».

Renée Carton

Source : Le Quotidien du médecin