Les films de la semaine

Des portraits et des combats

Par
Renée Carton -
Publié le 27/02/2020
Judy Garland, une pianiste et mère frustrée, un avocat contre une multinationale sont les plus forts personnages de la semaine cinématographique. Avec encore une fois une offre trop pléthorique pour que chaque œuvre ait sa chance.
Renee Zellweger dans « Judy »

Renee Zellweger dans « Judy »
Crédit photo : DAVID HINDLEY

De la musique avant toute chose. Avec « Judy », de Rupert Gold, Renee Zellweger a remporté plusieurs prix d'interprétation, dont le plus prestigieux, l'Oscar. Interprétant elle-même les chansons, elle s'est mise dans la peau de Judy Garland, alors que celle-ci, au bout du rouleau à 46 ans, se lance dans un dernier tour de chant à Londres.

L'héroïne éponyme de « Lara Jenkins », film allemand de Jan-Ole Gerster (très remarqué avec son premier film, « Oh Boy »), a 60 ans et va vivre une difficile journée anniversaire alors que son fils, qui ne lui parle plus, doit donner son premier concert. Une journée dans la vie d'une femme exigeante, pianiste empêchée, qui analyse sobrement, dans une atmosphère bergmanienne (le réalisateur a beaucoup vu « Sonate d'automne »), les difficultés des relations parent-enfant et les problèmes qui se transmettent d'une génération l'autre. Une interprète impressionnante, Corinna Harfouch.

Un film de combat comme les Américains savent si bien les faire, « Dark Waters », de Todd Haines. Un thriller pour raconter la mise à jour d'un scandale sanitaire, celui des déchets de l'usine DuPont, productrice du Téflon, qui ont contaminé l'eau de la région de Parkersburg, en Virginie-Occidentale. Mark Ruffalo, à l'origine du film comme producteur, est l'avocat qui mène l'enquête, après la découverte de vaches malades par un paysan.

De l'épouvante, avec « l'Homme invisible » imaginé par H. G. Wells, qui a déjà beaucoup inspiré le cinéma. Dans la version de Leigh Whannell, c'est la petite amie du menaçant scientifique présumé disparu qui est en vedette, incarnée par Elisabeth Moss. Et « The Boy : la malédiction de Brahms », de William Brent Bell, avec Katie Holmes aux prises avec la poupée maléfique.

Côté français, « Mes jours de gloire », d'Antoine de Bary, avec Vincent Lacoste en ex-enfant star en mal de rôles et en crise existentielle, contraint de retourner vivre chez ses parents (Emmanuelle Devos et Christophe Lambert). Et aussi un western, « l'État sauvage », de David Perrault, une famille de colons français fuit le Missouri pendant la guerre de Sécession (Alice Isaaz, Déborah François, Kevin Janssens).

Une comédie, « Mine de rien », première réalisation de l'acteur Mathias Mlekuz, qui imagine que deux chômeurs (Arnaud Ducret et Philippe Rebbot) tentent de monter un parc d'attractions sur les ruines d'une ancienne mine, dans une ville pauvre du Nord. De l'humour belge avec « Lucky », d’Olivier Van Hoofstadt, avec Michaël Youn, Alban Ivanov et Florence Foresti (deux losers et une flic corrompue).

Un nouveau documentaire sur les difficultés de l'agriculture, ici un éleveur laitier en Auvergne, « Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre des dettes » de Rodolphe Marconi. Tandis que Damon Gameau, le réalisateur australien qui avait payé de sa personne pour « SugarLand », propose avec « 2040 » des solutions pour la planète, (nourriture, énergie, éducation).

Demain les César

Bien malin qui peut prédire la tournure que prendra ce vendredi la cérémonie des César, alors que la polémique fait rage, que le bureau a démissionné en bloc et que la position de favori de « J'accuse » (12 nominations), de Roman Polanski, sous le coup d'une nouvelle accusation pour viol, suscite manifestations et boycotts. « La Belle Époque » de Nicolas Bedos et « les Misérables », de Ladj Ly, 11 nominations chacun, pourraient donc se distinguer et « Portrait d'une jeune fille en feu », de Céline Sciamma avec Adèle Haenel (10 nominations), ne sera sûrement pas oublié. Rendez-vous sur Canal+ à 21 heures, sauf péripéties de dernière minute.

Renée Carton

Source : Le Quotidien du médecin