Musée Cernuschi, château de Chantilly

Des collections exceptionnelles

Par
Caroline Chaine -
Publié le 17/03/2020

Voir les collections là où elles ont été rassemblées au XIXe  siècle. Celle d'Henri Cernuschi dans le musée qui porte son nom et qui vient d’être rénové. Celle du duc d'Aumale, le fils du roi Louis-Philippe, au château de Chantilly, qui célèbre les 500 ans de la mort de Raphaël.

Tigre dit « tora», XVIIIe-XIXe

Tigre dit « tora», XVIIIe-XIXe
Crédit photo : S. PIERA/MUSÉE CERNUSCHI/ROGER-VIOLLET

Entre 1871 et 1873, Henri Cernuschi (1821-1896), patriote italien réfugié en France (il sera naturalisé en 1871), républicain engagé, brillant financier, voyage au Japon, en Chine et en Asie avec le critique d’art Théodore Duret. Il réunit plusieurs milliers d’objets et constitue l'une des plus importantes collections européennes d’art asiatique, de céramiques, bois laqués, peintures, estampes et photos. À son retour, il fait construire un hôtel particulier en bordure du parc Monceau, qu'il léguera à la Ville de Paris, ainsi que ses collections, et qui deviendra un musée en 1898.

Outre son exceptionnelle collection de bronzes japonais des XVIIIe et XIXe siècle, le parcours proposé actuellement permet d'y suivre l'histoire de l'art de la Chine (1). Les bronzes de la période Shang (1500-1050 av. J.-C.), les premiers grès céladon de la période intermédiaire (220-618), qui essaiment dans tout l’Extrême-Orient, le développement de l'imprimerie et l’âge d’or de la céramique, avec l’apparition du bleu et blanc sous la dynastie des Song et Yuan (960-1368), l’influence des échanges avec l’Europe sous la dynastie mandchoue des Qing (1644-1912) avec la Compagnie des Indes et l’arrivée des congrégations religieuses.

Avec une muséologie moderne, un renouvellement de près des deux-tiers des œuvres exposées, soit 650 sur un fonds de 15 000, des dialogues avec les arts du Japon, de la Corée et du Vietnam, la poursuite de la collection avec des œuvres des XXe et XXIe siècles, la présentation par rotation de la riche collection d’arts graphiques, le musée est un écrin à taille humaine pour de nombreux chefs-d’œuvre.

Hommage à Raphaël

Riche de ses trois tableaux de Raphaël (1483-1520), « les Trois Grâces », « la Madone de la maison d’Orléans » et « la Madone de Lorette », ainsi que de nombreux dessins du maître et de ses élèves, et avec des prêts du Palais de Beaux-Arts de Lille, l'exposition « Raphaël à Chantilly » (2) couvre toute la carrière de l’artiste. De ses débuts en Ombrie, alors qu’il est élève du Pérugin, à son séjour à Florence, avec des sujets religieux, pour terminer à Rome par de grands décors.

On retrouve son influence chez ses élèves, par exemple les études pour la décoration du Palazzo Te à Mantoue de Giulio Romano, les grotesques de Perino del Vaga et les éléments décoratifs de Polidoro da Caravaggio.

 

(1) cernuschi.paris.fr


(2) Jusqu'au 5 juillet, domainedechantilly.com

 

Caroline Chaine

Source : Le Quotidien du médecin