Au cinéma, « Boy Erased »

De pseudo-thérapies en question

Par
Renée Carton -
Publié le 28/03/2019

Les pratiques visant à changer l'orientation sexuelle, qu'elles soient dites thérapies de conversion, thérapies réparatrices ou thérapies de réorientation sexuelle, sont condamnées par les associations médicales. En France*, où elles semblent peu utilisées, certains voudraient les interdire spécifiquement, comme l'a demandé un vote du Parlement européen en mars 2018.

Aux États-Unis, ces pratiques qui ne devraient pas porter le nom de thérapies, souvent psychologiquement, voire physiquement, violentes, sont encore possibles dans 36 États. Fils d'un pasteur baptiste de l'Arkansas, Garrard Conley en a été victime il y a une quinzaine d'années et en a tiré un livre en 2016, « Boy Erased : A Memoir of Identity, Faith and Family ». L'adaptation cinématographique signée par l'acteur, scénariste et réalisateur Joel Edgerton, est linéaire, depuis le premier contact avec les organisateurs très religieux de ces sessions, dans un centre qui sous certains aspects s'apparente à une prison.

Nous suivons pas à pas le jeune Jared, incarné avec sensibilité par Lucas Hedges (« Manchester by the Sea », « Lady Bird », « Three Billboards : les panneaux de la vengeance ») et c'est surtout sur le jeu et la personnalité des acteurs (Nicole Kidman et Russel Crowe, les parents, Edgerton lui-même, l'un des pseudo-thérapeutes) que repose la mise en scène. Et si l'on n'évite pas une certaine sensiblerie américaine, la force du sujet fait oublier les éventuelles réticences.

Et aussi

« Dumbo », de Tim Burton, est une adaptation live et personnelle du célèbre dessin animé de 1941, toujours pour Walt Disney, avec Dany DeVito, Colin Farrell et Michael Keaton

« C'est ça l'amour », de Claire Burger, fait de Bouli Lanners le père désemparé de deux filles adolescentes, après avoir été abandonné par sa femme.

« Let's Dance », premier film du metteur en scène Ladislas Chollat, associe hip-hop et danse classique avec Rayane Bensetti et Alexia Giordano

« Gentlemen cambrioleurs », de James March, avec Michael Caine, Tom Courtenay, Jim Broadbent, raconte comment une bande de braqueurs sexa- et septuagénaires ont dévalisé les coffres d'une société de dépôt londonienne en 2015.

Ours d'or du dernier festival de Berlin, « Synonymes », de Navad Lapid, s'inspire de l'expérience du réalisateur israélien, venu à Paris au début des années 2000 dans l'espoir que la France et la langue française le sauvent de la folie de son pays (il y est retourné depuis).

« Compañeros », d'Alvaro Brechner, est l'histoire vraie, terrible, de trois détenus politiques dans une prison uruguayenne, sous la dictature au pouvoir de 1973 à 1984.

« Styx », de l'Allemand Wolfgang Fischer, met en scène une médecin urgentiste qui s'offre un voyage à voile en solitaire au large de l'Afrique et va affronter une tempête puis d'impossibles choix face à des migrants en grand péril.

* Proposition de la loi de la député LREM Laurence Vanceunebrock-Mialon

Renée Carton

Source : Le Quotidien du médecin: 9736