Au théâtre, « L’Amour en toutes lettres », questions à l’abbé Viollet

Courrier du corps

Par
Armelle Héliot -
Publié le 02/05/2019
Théâtre-L'Amour en toutes lettres

Théâtre-L'Amour en toutes lettres
Crédit photo : EMILIA STÉFANI-LAW

Martine Sevegrand a publié en 1996 «  L'Amour en toutes lettres - Questions à l’abbé Viollet sur la sexualité (1924-1943) » (Albin Michel), ouvrage qui reproduit des lettres adressées par des catholiques à ce prêtre engagé auprès des autres toute sa vie durant (1875-1956). Des années après sa mort, en 1992, Jean Viollet fut nommé « Juste parmi les nations », car il avait sauvé des Juifs pendant la guerre. Fondateur de l’association Les œuvres du Moulin Vert, il aura consacré toute son énergie à aider jeunes et moins jeunes, croyants ou non. Mais évidemment, c’est au cœur de la catholicité qu’il a d’abord été conduit à travailler.

On ne refera pas ici le tableau de tout que ce grand caractère aura entrepris. On s’arrêtera sur une partie étonnante de son activité : il éclairait des femmes et des hommes se trouvant, pour mille et une raisons, dans un grand désarroi au sein de leur mariage.

Découvrant le livre de Martine Sevegrand, le metteur en scène Didier Ruiz avait aussitôt décidé de faire dire par un groupe de comédiens ces lettres très étonnantes. Elles sont sincères, directes. On y parle sexualité et on prend la mesure de la méconnaissance, des jeunes hommes aussi bien que des femmes. On prend la mesure de leurs peurs, de leurs douleurs, de leurs souffrances. De leurs interrogations morales, pratiques, spirituelles… On touche le malheur des femmes alors que la méthode Ogino commence à peine et qui doivent accepter des grossesses en série.

Il n’y a rien d’ironique dans la manière qu’ont les comédiens, vingt ans après la création de ce « spectacle » à Théâtre Ouvert, de reprendre chacun « sa » lettre. Ils paraissent tour à tour. Disent la lettre, face public. Dispositif minimal pour des mots qui bouleversent et éclairent un passé récent. Le spectacle est présenté en deux soirées différentes et indépendantes. On peut voir un volet ou les deux. Chacun se suffit. Lundi 6 mai, rencontre avec Martine Sevegrand après la représentation.

 

 

 

 

– Théâtre de Belleville, jusqu'au 28 mai. Les lundis à 21 h 15, les mardis à 19 h 15. Durée : 1 heure chaque volet. Tél. 01.48.06.72.34, www.theatredebelleville.com/

– Et aussi le 25 mai à La Norville et le 31 mai à Arpajon, dans le cadre du festival De Jour // De Nuit.

 

Armelle Héliot

Source : Le Quotidien du médecin: 9746