Cinéma : « Arythmie », la médecine d'urgence venue du froid

Par
Martin Dumas Primbault -
Publié le 25/07/2018
Arythmie

Arythmie
Crédit photo : DR

Cadence infernale, rythme éreintant et management déshumanisé. Oleg, médecin urgentiste en Russie, essaye tant bien que mal d'accomplir son métier. Avec sa compagne, Katia, elle-même urgentiste, ils sont confrontés chaque jour aux difficultés d'un hôpital de province, qui, faute de moyens, est contraint de rationaliser la prise en charge des patients, au risque de détruire des vies, y compris celle des soignants.

Ironiquement, c'est le 1er août, en plein cœur de l'été, que sortira en salle le film du réalisateur russe Boris Khlebnikov. Période − faut-il encore le rappeler ? − de fortes tensions pour les services d'urgences français. L'occasion pour tout un chacun de se plonger, pendant presque deux heures, dans la réalité d'un métier en crise, et de constater que de l'autre côté de l'Oural, les services d'urgences n'ont rien à envier aux nôtres.

Burn-out

Interprété par Alexandre Yatsenko, le personnage d'Oleg se donne corps et âme dans son métier − l'équivalent du Service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) français. Passionné, il n'hésite pas à prendre des risques pour sauver des vies et maîtrise toutes les astuces pour se débarrasser d'un patient encombrant, toujours avec la plus grande empathie. Mais l'énergie qu'il dépense au travail n'est pas sans conséquences sur sa vie personnelle.

Alcoolique notoire et assumé, il boit pour oublier la misère à laquelle il est confronté. À tel point qu'il en oublie Katia (incarnée par Irina Gorbatcheva), avec laquelle il n'arrive plus à communiquer malgré l'amour qu'il lui porte. Peu à peu, le couple s'enfonce dans la crise, chacun essayant de surmonter à sa façon la pression imposée à l'hôpital.

Rationaliser le temps médical

Oleg pratique la médecine à sa façon, toujours avec une vraie conscience professionnelle mais souvent à l'encontre de sa hiérarchie. Avec le temps, tout le monde s'y était fait et son supérieur n'hésitait pas à couvrir ses quelques dérapages.

Alors avec l'arrivée d'un nouveau directeur, tout va changer. L'hôpital veut rationaliser le temps passé auprès des patients. Désormais, les médecins devront respecter à la lettre la règle des « 20 minutes » : être auprès du patient en vingt minutes, et le soigner en vingt minutes, pas une de plus. Impossible pour Oleg qui préfère prendre son temps et outrepasse les consignes.

Un conflit va naître avec son nouveau directeur, beaucoup moins enclin à tolérer les écarts. Oleg devra faire avec, et sans l'aide de Katia, qu'il perd malgré lui à mesure qu'il s'enfonce dans l'alcool.


Source : lequotidiendumedecin.fr