Un « festival » quand même

Avignon, le temps des métamorphoses

Par
Armelle Héliot -
Publié le 03/07/2020

Annulée à cause de la pandémie, l’édition 2020 du festival aura tout de même lieu de plusieurs manières. Par écrans interposés, avec « Un rêve d'Avignon », du 3 au 25 juillet, mais aussi en spectacles vivants avec « Une Semaine d'art en Avignon » du 23 au 31 octobre.

« Le Jeu des ombres », répétition

« Le Jeu des ombres », répétition
Crédit photo : TNP VILLEURBANNE

Le Festival d’Avignon aurait dû s’ouvrir ce vendredi 3 juillet. Le confinement a interdit qu’il puisse se dérouler normalement. La mort dans l’âme, Olivier Py, directeur et Paul Rondin, directeur délégué, avaient dû se résoudre à l’annulation. Mais ils ne sont pas demeurés inactifs. Et, aux dates mêmes de la 74e édition, du 3 au 23 juillet, Un Rêve d'Avignon propose, grâce à l'audiovisuel public (télévision, radio, sites) des émissions, des captations, des créations et recréations de spectacles, que le public en manque pourra visionner gratuitement.

Une programmation foisonnante que l’on ne saurait ici circonscrire, qui permettra aux amateurs de demeurer en contact avec la création, le spectacle vivant et les discussions passionnées qu’il peut susciter. France Culture, toujours associée au festival, fait un effort très particulier de productions nouvelles. Les chaînes de télévision et les sites, eux aussi, proposeront des films tournés d’après de grandes mises en scène.

Ces trois semaines très riches se termineront avec la diffusion, sur France 5, du « Jeu des Ombres », qui aurait dû constituer un des moments très importants du festival 2020, dans la Cour d’honneur. Un texte inspiré du mythe d’Orphée par un poète italien et repris par Valère Novarina. Une mise en scène de Jean Bellorini, nouveau patron du Théâtre national populaire de Villeurbanne, qui parachève actuellement les répétitions de cette création, dans la salle du TNP.

Le spectacle vivant

C’est justement « le Jeu des Ombres » qui ouvrira, le 23 octobre, la Semaine d’art en Avignon (calée pendant les vacances scolaires de la Toussaint). Il ne sera pas dit que le théâtre vivant, et la danse et la musique ne seront pas présents dans la Cité des Papes en 2020 ! « Semaine d’art » était l’expression qu’avaient choisie Paul Rouvier, le maire de la Ville, et Jean Vilar, pour intituler ce moment particulier qu’avaient rêvé René Char et Christian Zervos en 1947. C’est le poète et le galériste qui avaient fait appel à Jean Vilar, et, en septembre, eut lieu la première édition.

Évidemment, pas question de Cour d’honneur à cette période. Mais de la Fabrica aux Pénitents Blancs en passant par Benoît XII, et jusqu’à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon, les lieux très connus et aimés des festivaliers vibreront pour quelques précieuses soirées.

Une très belle programmation, qui met en lumière des arts différents : « le Jeu des Ombres », donc, du 23 au 31 octobre à la Fabrica. Puis « Tambour de soie », du côté de la chorégraphie, avec Kaori Ito et Yoshi Oida, aux Pénitents Blancs. À la Fondation Lambert, c’est l’Afrique que l’on entendra, avec « Discours aux nations africaines », texte de Felwine Sarr, mise en scène d’Étienne Minoungou, tandis que l’on applaudira la danse et le chant dans « Mellizo Doble » d’Israel Galvan et Nino Del Eche. Également au programme, « Andromaque » selon Gwenaël Morin, une adaptation de « Moby Dick » par Yngvild Aspeli et ses marionnettes. Enfin, on découvrira la « Cérémonie » du Raoul Collectif. Un ensemble qui devrait séduire un large public.

Signalons enfin que les théâtres permanents et les compagnies d’Avignon organisent en juillet un certain nombre de manifestations, par-delà des « États généraux » qui devraient permettre de réfléchir à l’avenir de la manifestation « off ».

 

 

 

 

 

 

 

Programmation d’« Un rêve d’Avignon » sur festival-avignon.com. Réservations pour la Semaine d’art à partir de la fin septembre (10 000 billets à 15 € mis en vente).

Armelle Héliot

Source : Le Quotidien du médecin