Embauché par la mairie, un généraliste en solo explique son choix pour le salariat

Par
Stéphane Long -
Publié le 09/02/2019
Charleval-en-Provence

Charleval-en-Provence
Crédit photo : DR

Depuis le 4 février, le Dr Clément Levy reçoit ses patients dans son cabinet flambant neuf de Charleval-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Le jeune généraliste de 32 ans a répondu à l’appel de ce petit village situé à une quarantaine de kilomètres d’Aix-en-Provence, dont il est originaire.

Après le départ à la retraite d’un médecin au printemps dernier, la mairie recherchait un successeur. Après plusieurs mois de recherches infructueuses, le maire a opté pour une solution originale : le salariat. Les candidatures ont alors afflué. « On a en a reçu 23, dont 4 étaient éligibles » raconte au « Quotidien », Yves Wigt, le maire de la commune. C’est finalement le Dr Levy qui signera un contrat à durée déterminée de 3 ans. Le médecin n’est pas fonctionnaire, mais contractuel de la fonction publique.

35 heures, congés payés… et des conditions d'exercice favorables

Pour quel salaire ? Ni le médecin ni le maire ne le diront. Mais « Il a fallu qu’on mette les moyens pour le faire venir, reconnaît l’élu. Et on a tout mis en œuvre pour qu’il se consacre à 100 % à son métier. » De fait, le généraliste disposera d’une secrétaire pour gérer les rendez-vous, encaisser les honoraires. Tous les frais du cabinet sont pris en charge par la commune.

Le Dr Levy reconnaît que ces conditions l’ont séduit. « Ce qui a compté, c’est le confort d’exercice et la qualité des soins. Et puis il y a les avantages du salariat », explique le généraliste. Les 35 heures, les congés payés, la sécurité en cas de maladie, des horaires fixes, le paiement des heures supplémentaires…

Pourtant, le jeune homme n’envisageait pas spécialement le salariat avant de franchir le pas. Depuis un an, il exerçait plusieurs jours par semaine en tant que remplaçant et assurait des gardes dans une clinique de rééducation la nuit et le week-end.

« J'étais prêt à m'installer en libéral »

« Je m’étais posé la question d’un poste hospitalier. Mais je me suis aperçu que je tenais trop à l’exercice libéral et à la médecine de ville. J’étais prêt à m’installer, ça ne me faisait pas peur, bien au contraire. J’aurais fait ça à ma sauce », raconte le Dr Levy. Puis la proposition de Charleval s’est présentée comme une opportunité. « C’est une solution hybride entre le libéral et le salariat, explique le médecin. On gagne sans doute un peu moins qu’en libéral, on est un peu plus bridé, mais on gagne en confort de travail. C’est un choix. »

La mairie devra mettre la main à la poche, au moins dans les premiers temps pour s’offrir les services du Dr Levy. Si la commune encaissera ses honoraires, elle devra subventionner l’exercice. « Au début, nous tablons sur 20 à 25 actes par jour. Cela devrait nous coûter près de 20 000 euros la première année. Mais ça baissera si le cabinet monte en puissance », anticipe le maire. Yves Wigt est optimiste. Une semaine avant l’entrée en fonction du Dr Levy, le planning du cabinet était plein pour les quatre premiers jours.


Source : lequotidiendumedecin.fr