Une large ouverture
Les réformes fiscales de 2017 et 2022 ont réouvert à tous les médecins libéraux non assujettis à la TVA – soit la majorité de nos lecteurs – la possibilité d’utiliser le mode de déclaration de revenus micro-BNC plusieurs années de suite. Et cela sans aucune limite de chiffre d’affaires (CA), vos recettes 2024 et 2025 pouvant dépasser largement le seuil actuel d’éligibilité de 77 700 euros. Voire de vous maintenir perpétuellement et astucieusement en déclaration micro-BNC si capter l’abattement pour frais professionnels de 34 % de vos recettes vous est gagnant. Cette possibilité intéresse tous les associés de SEL, fins gestionnaires pour leur rémunération des fonctions techniques (= leur activité médicale ou chirurgicale), et tous les médecins remplaçants dont les frais professionnels sont modestes, débutants ou pas, ainsi que les praticiens ayant une activité mixte, salariée et libérale.
Des attraits et une extrême simplicité
Ce mode déclaratif ne vous impose que quatre contraintes légales simples : ● Tenir la liste datée de vos recettes libérales perçues dans l’année sur n’importe quel support : feuille volante, cahier, tableur informatique… ● Distinguer vos recettes imposables de vos (éventuelles) recettes non imposables perçues ● Le cas échéant, tenir la liste datée des authentiques rétrocessions d’honoraires (et non des redevances, nuance) que vous avez versées à des confrères ● Si votre CA libéral dépasse 10 000 euros, vous devez disposer d’un compte courant bancaire dédié à votre activité libérale, distinct de votre propre compte privé. Ce qui ne veut pas dire un « compte pro », qui vous coûterait bien plus cher en frais bancaires.
Ce mode déclaratif ne vous impose que quatre contraintes légales simples
Le deuxième attrait de la déclaration micro-BNC est que vos dépenses professionnelles n’ont à être ni comptabilisées, ni déclarées, ni justifiées : le fisc vous octroie automatiquement un abattement forfaitaire pour frais professionnels de 34 % de vos recettes imposables déclarées pour calculer votre revenu libéral imposable. Exemple : si vos recettes imposables sont de 250 000 euros, votre revenu libéral imposable vaut 165 000 euros même si vous n’avez payé que 50 000 euros de dépenses professionnelles. Un libéral en EI dont les frais réels (charges sociales incluses) ne dépassent pas en pourcentage 34 % de ses recettes totales bénéficie ainsi d’une authentique défiscalisation-cadeau portant sur cette minoration de son revenu imposable. Et, par ricochet, d’un cadeau social conséquent car l’assiette de calcul de ses cotisations sociales obligatoires (= son revenu social, qui évolue dès 2025 en raison d’une réforme qui vous sera présentée prochainement) est peu ou prou son revenu imposable !
Le tout fait que vous économisez aussi le recours à un expert-comptable. Et le temps à consacrer à votre déclaration de revenus ne dépasse pas quelques minutes en ligne.
Contre-indications absolues
Si ce mode déclaratif est ouvert aux associés de SEL pour leurs rémunérations des fonctions techniques, il est rigoureusement fermé aux associés des sociétés suivantes : SCP, SEP, et vraies SDF ainsi qu’aux associés de Sisa. Et cela, indépendamment des recettes réalisées par les sociétés ou leurs membres. Par ailleurs, utiliser le micro-BNC ne permet pas de capter l’exonération générale d’impôt sur le revenu libéral provenant d’une ancienne ZRR ou d’une nouvelle ZFRR, d’un BER ou d’une ZRU. Pas plus que dégager un déficit reportable, qui serait au contraire fiscalisé à partir des recettes ! En revanche, en ZFU, en ZFRR+, en BUD, ZDP et en activité de PDSA en zone déficitaire, ce mode permet de capter l’exonération d’impôt.
L’accès au micro-BNC en EI
Votre éligibilité d’année N dépend du non-dépassement d’un seuil par l’un ou l’autre de vos deux CA antérieurs. Illustration : pas plus de 77 700 € de recettes (en 2022 ou en 2023) vis-à-vis de 2024. Il existe quelques règles supplémentaires susceptibles d’ouvrir ou de fermer votre accès au micro-BNC : • d’accès de droit lors de vos deux premiers exercices libéraux (lire plus loin) • de proratisation à l’année entière du CA lorsque l’activité libérale n’a pas débuté au 1er janvier mais en cours d’année • de prise d’option pour le mode déclaratif « au réel » si l’abattement de 34 % s’avère insuffisant • d’accès dérogatoire pour activité saisonnière.
Pour les débutants en EI
En raison de ses CA antérieurs nuls appliqués à la règle d’éligibilité, le débutant a toujours accès de plein droit à la déclaration micro-BNC pour l’année N et N+1. Attention, cela ne veut pas dire que cet accès sera le meilleur choix déclaratif pour ses intérêts. Il faudra savoir y renoncer en cas de lourds frais réels d’emblée (exemple : installation en groupe gros employeur de personnel de cabinet d’emblée). Mais pour la grande majorité des débutants en EI, un tel accès sans réserve constitue une opportunité majeure de gestion.
Deux conseils : • Voyez d’emblée plus loin que vos deux premières années d’activité car le niveau de recettes de votre année initiale d’exercice (N) conditionnera peut-être l’accès à ce régime déclaratif fiscal simplifié en exercice d’année N+2. D’où l’intérêt d’anticiper de manière biennale, et pourquoi pas viser un maintien perpétuel en mode déclaratif micro-BNC selon votre situation et vos projets professionnels. • En situation de très fort CA dès la première année d’activité libérale, ne vous laissez pas séduire par l’option EI/IS sans réaliser un comparatif musclé entre ce régime bien plus complexe à maîtriser et le micro-BNC, même si c’est un cabinet comptable qui vous en fait la promotion.
Un avis, une question – Contactez-nous via https://blog.media-sante.com
« Mon cabinet Grand Est », trait d’union entre générations de médecins pour faciliter l’installation en libéral
Dr Agathe Scemama : « Je ne peux presque plus me passer de l’IA vocale »
Quand l’IA vocale assiste les médecins
Mayotte : SOS Médecins envoie une première salve de volontaires et quatre tonnes de matériel