La lutte contre le cancer implique la prise en compte de nombreux facteurs intégrant les traitements médicaux les plus avancés mais aussi les besoins individuels des patients. Les cancérologues sont aussi confrontés à la nécessité d’intégrer les innovations thérapeutiques, technologiques et numériques dans leurs pratiques. Les biothérapies, la génomique, les thérapies ciblées, l’imagerie médicale, la robotique chirurgicale, les vaccins thérapeutiques ou encore les dispositifs médicaux connectés sont autant d’innovations récentes dans le domaine de la cancérologie constituant désormais une réalité qui modifie en profondeur la prise en charge et les traitements des patients.
Ces innovations offrent de nouvelles perspectives aux professionnels mais, dans le même temps, transforment leur activité en profondeur ainsi que le parcours des patients. Elles nécessitent que les médecins oncologues adaptent leur pratique quotidienne avec des méthodes moins invasives, plus sophistiquées ou encore une moindre présence du patient à l’hôpital. Elles offrent des opportunités de traitements pour les patients en améliorant la qualité de vie. Elles demandent dans le même temps aux praticiens de savoir s’adapter et d’acquérir les connaissances et compétences nécessaires à leur mise en application.
Travailler avec des protocoles ville-hôpital
Du point de vue des traitements, la place toujours plus importante des thérapies orales modifie à la fois la prise en charge et l’organisation des soins. D’après les projections d’Unicancer, l’administration des traitements par voie orale doit s’établir autour de 50 % au lieu de 25 % auparavant et, dans le même temps, les chimiothérapies intraveineuses dans le cancer du sein doivent diminuer de 25 %. Cette évolution thérapeutique ouvre de plus en plus la voie à des traitements à domicile pour les patients et oblige les oncologues à mettre en place des protocoles de suivi et à développer des partenariats avec les structures de ville : hôpitaux de proximité, pharmaciens, médecins généralistes…
De la même manière, les progrès dans le domaine de la radiologie interventionnelle, peu invasive, évitent les actes chirurgicaux trop lourds et permettent des circuits diagnostiques rapides destinés aux patients dont la maladie n’est pas encore identifiée.
L’apport du numérique
Parallèlement, les nouvelles technologies numériques s’imposent de plus en plus dans le quotidien des oncologues. La téléconsultation améliore le parcours de soins des patients en apportant plus de fluidité et la possibilité de maintenir un suivi rapproché avec son médecin en limitant les déplacements à l’hôpital.
L’intelligence artificielle et l’utilisation des données massives participent aussi à l’optimisation du parcours de soins ainsi qu’à la recherche clinique. Ces technologies interviennent à différents niveaux et participent notamment à la prévention, la détection ou encore la personnalisation des traitements. D’où la nécessité pour les oncologues et les établissements de santé d’intégrer et de maîtriser les plateformes de big data et des outils d’analyse dans les protocoles de recherche.
Les réunions de consultations pluridisciplinaires impliquent la construction de réseaux efficaces
Dr Olivier Lambotte, interniste à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre
Gérer les complications
Néanmoins, certaines innovations, bien que bénéfiques pour la pratique des oncologues, amènent parfois des complications ou détériorent la qualité de vie des patients. Car certaines ont fait apparaître des effets secondaires que les oncologues doivent gérer. Par exemple, les immunothérapies s’accompagnent parfois d’effets indésirables qui contraint les oncologues à travailler avec d’autres spécialistes. « Les réunions de consultations pluridisciplinaires sont une solution gagnante pour tous les professionnels et les patients mais qui impliquent la construction de réseaux efficaces, explique le Pr Olivier Lambotte, interniste à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. Il y a un réel intérêt à discuter entre spécialistes pour améliorer la prise en charge. »
Les traitements toujours plus poussés et plus techniques nécessitent que les oncologues soient formés en permanence. L’apparition rapide de nouvelles technologies ou encore la gestion de nouveaux cas compliqués contribuent à la complexification de la pratique médicale en oncologie. Il s’agit autant, pour les professionnels, de mettre à jour leurs connaissances que d’acquérir les compétences nécessaires pour intégrer ces nouveautés dans leur pratique, gérer les éventuelles complications mais aussi intégrer les nouvelles exigences des patients.
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