Bientôt un centre communal de santé pour la ville de Carcassonne (Aude) qui s’appuierait sur les forces vives de médecins retraités ? Telle est la proposition conjointe de François Mourad et de Magali Bardou, conseillers départementaux d’opposition qui se présentent en binôme sur un ticket conjoint aux élections municipales de mars 2026 dans la cité médiévale occitane.
« Cette proposition est le fruit d’un travail de nombreux mois », réalisé conjointement avec le Dr Alain Rind, chirurgien thoracique et vasculaire retraité, le Dr Jean-Bernard Audier, médecin généraliste et Marie-Ange Fontaine, infirmière cadre supérieure de santé, pour trouver une solution à la désertification médicale qui menace la ville de 47 000 habitants, détaille François Mourad au Quotidien. « Carcassonne est l’une des villes les plus mal loties du territoire. Il n’y reste plus que neuf médecins généralistes en exercice et trois d’entre eux seront à la retraite cette année », poursuit le Dr Audier. Le généraliste de 71 ans, l’une des trois chevilles ouvrières du dispositif en devenir, y exerce encore en cumul emploi-retraite, dans un cabinet de groupe avec deux confrères.
Business model en béton
« Cela fait bien deux ou trois ans que nous planchons sur ce projet, en essayant de mettre tout le monde autour de la table », se remémore le généraliste. Son confrère spécialiste, l’infirmière cadre de santé et les deux élus suggèrent alors de mettre sur pied un centre de santé municipal et organisent des réunions avec les acteurs de terrain en ce sens. À l’issue desquelles, une trentaine de confrères généralistes, ainsi que quelques spécialistes, se déclarent prêts à tenter l’aventure.
« Le business model est clair et arrêté. Nous serons en capacité de monter ce centre de santé dans un délai de quatre mois après les élections », affirme déjà François Mourad. En partant sur une hypothèse basse de vingt médecins opérationnels tout de suite, les porteurs du projet estiment qu’entre le coût du secrétariat et celui de la mise à disposition des locaux, « avec une moyenne basse de 20 000 consultations annuelles, on sera à l’équilibre financier pour ce qui représentera trois équivalents temps plein ». Autre avantage pour les Carcassonnais, le centre de santé sera, en tant qu’entité, reconnu comme « médecin traitant » des patients.
Premier étage de la fusée
Mais ce projet ne constitue, selon ses promoteurs, que le premier étage de la fusée pour améliorer l’accès aux soins dans le territoire audois. « C’est une solution pour les cinq à sept prochaines années, pas plus, admet François Mourad. Mais nous utiliserons ces années pour rendre la ville suffisamment attractive afin d’y accueillir de jeunes médecins ». Une vision partagée par le Dr Audier, qui se veut optimiste. « Déjà, la souplesse induite par la possibilité de faire des vacations au sein du futur centre de santé suscite l’intérêt de médecins en exercice aux alentours qui nous ont contactés. Qui plus est, certains sont maîtres de stage… », confie le praticien audois.
Le début d’un effet boule de neige pour enrayer le déclin médical dans le territoire ? Les initiateurs de la démarche y croient assez pour affirmer que l’idée suivra son cours : « Si nous n’étions pas élus en mars, nous proposerions à Carcassonne Agglo de prendre le relais de la démarche que nous engageons ».
Réseau France Santé : quel cahier des charges ?
« Les patients n’avaient plus accès au cabinet » : une généraliste de Maine-et-Loire victime des inondations témoigne
Les ESS marquent leur territoire
Télémédecine : le gouvernement prêt à déverrouiller (un peu) les consultations à distance