Est-ce le début de la détente entre les médecins radiologues libéraux et l’Assurance-maladie ? Réuni à Paris samedi 24 janvier, le conseil d’administration de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), a du moins acté une stratégie de désescalade dans le conflit qui l’oppose depuis plusieurs mois à la Cnam sur fond de baisses unilatérales des tarifs du secteur (en novembre dernier).
Pour mémoire, ces décotes imposées s’inscrivent dans le cadre d’un plan global d’économies de 300 millions d’euros dans le secteur de l’imagerie étalé sur trois ans (2025-2027). Sa première étape est donc entrée en vigueur le 5 novembre et continue de faire l’objet de vives contestations par la profession. Le Conseil d’État a certes rejeté, fin décembre, le recours en référé déposé par plusieurs syndicats et sociétés de radiologie mais le secteur attend la décision de la plus haute juridiction administrative sur son autre recours déposé « au fond ».
En attendant, la FNMR a donc décidé de calmer le jeu. D’abord en suspendant les actions de grève de la permanence des soins en établissements (PDSES) et des envois vers le DMP, en cours depuis octobre. « Concertation et confiance doivent être les piliers des relations avec les médecins libéraux », avance le Dr Jean-Philippe Masson, président de la FNMR. Plutôt que des actions de grève, la fédération annonce lancer une campagne de communication « pour dénoncer les mesures de rationnement des actes médicaux décidées par la Cnam dans le cadre du plan du 5 novembre 2025 ».
Moratoire sur les décotes ?
Mais surtout, le lobby syndical réaffirme son engagement en faveur de nouvelles négociations avec la Cnam « dans le cadre conventionnel », comme les syndicats représentatifs l’ont réclamé. D’ores et déjà, le ministère de la Santé a accepté ce principe puisqu’il a annoncé plusieurs chantiers ouverts avec les syndicats dont l’un concernera le protocole imagerie « avec l’objectif de substituer aux baisses de tarifs prévues à date des mesures de meilleure pertinence des examens prescrits et réalisés ». Une mission d’expertise associant les radiologues sur la « valorisation des forfaits techniques » est aussi annoncée.
Si ces intentions vont dans le bon sens, la FNMR reste l’arme au pied. Elle continue d’exiger fermement un « moratoire » sur les baisses de tarifs qui s’appliquent déjà depuis début novembre. Et réclame pour demain l’« abrogation » effective des articles 77 et 78 de la loi Sécu 2026 qui ouvrent la porte à de nouvelles décotes imposées. Le gouvernement s’est engagé à supprimer ce mécanisme de baisses unilatérales, à travers un futur « vecteur législatif qui le permettra ».
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