L'activité hors Covid va être relancée de manière « extrêmement prudente et modérée », explique la DGOS

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Anne Bayle-Iniguez -
Publié le 24/04/2020

Crédit photo : S.Toubon

Auditionnée par la mission d'information sur l'épidémie de coronavirus à l'Assemblée nationale, la directrice générale de l'offre de soins (DGOS) Katia Julienne a annoncé que des directives avaient été adressées aux agences régionales de santé (ARS) pour autoriser la reprise d'activité en dehors des patients Covid dans les hôpitaux et cliniques. 

« La stabilisation et la décroissance progressive des patients en réanimation ainsi que la question de la perte de chance pour les malades, que ce soit à l'hôpital ou en ville, ont conduit à relancer de manière extrêmement prudente et extrêmement modérée l'activité, y compris au sein des établissements de santé », a expliqué Katia Julienne. Cette relance d'activité très prudente et encadrée, tenant compte des réalités de chaque région, se fera « avec des conditions très simples de réversibilité extrêmement rapide pour permettre de réarmer les capacités en réanimation si l'épidémie enregistrait une résurgence forte ».

Vigilance sur les médicaments

Outre cette « réversibilité », la seconde « exigence » à prendre en considération pour une reprise d'activité est liée aux médicaments. « Un certain nombre d'activités programmées sont consommatrices de molécules dont nous avons besoin pour prendre en charge ces patients [Covid] », a indiqué la DGOS. « Ce sont des limites assez fortes, mais la crise est encore réelle, [...] elle n'est pas encore derrière nous », a recadré Katia Julienne.

La DGOS répondait à la députée socialiste Valérie Rabault, qui s'inquiétait que « plus de 60 % des consultations, notamment chez les spécialistes, ont été déprogrammées » à la suite du plan blanc à la mi-mars. « Dans mon département, tout est arrêté, c'est inacceptable », a lancé l'élue de Tarn-et-Garonne, réclamant « l'arrêt ou du moins l'amoindrissement » du plan blanc pour les hôpitaux et les cliniques, en écho à la demande des spécialistes du syndicat Le BLOC.  

Soutenir la reprise en ville

Jeudi soir, la direction générale de l'offre de soins a précisé sa stratégie en confirmant qu'une nouvelle organisation allait se mettre en place sous l'égide des ARS autour de trois axes. Les établissements doivent être en mesure de « maintenir des capacités de réanimation à un niveau élevé tout en garantissant leur redimensionnement rapide au regard des besoins constatés et de l’urgence potentielle de la situation ».

Ils doivent engager une reprise de contact avec les patients non Covid « ayant vu leur prise en charge ajournée (et la reprogrammer si nécessaire) ou atteints d’une maladie chronique nécessitant un suivi régulier pour prévenir les pertes de chance et organiser la chaîne de soins, y compris par téléconsultation ».

Enfin, les ARS doivent « soutenir la reprise, en cabinet, maison et centre de santé ainsi qu’en établissement hospitalier, des consultations, diagnostics et dépistages pour réduire le renoncement aux soins et les pertes de chance ». Là aussi, le recours « massif » à la télémédecine, « prise en charge à 100 % par l’Assurance-maladie durant l’épidémie, doit être encouragé ».


Source : lequotidiendumedecin.fr