Internat : la médecine générale fait le plein, la chirurgie esthétique la plus prisée, la santé publique boudée

Par
Sophie Martos -
Publié le 27/09/2019

Crédit photo : PHANIE

Cette année, les spécialités chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, dermatologie et vénérologie et chirurgie maxillo-faciale sont parties les plus vite, vient d'annoncer le Centre national de gestion (CNG), organisateur des épreuves classantes nationales (ECN) et de la procédure d'affectation.

La procédure de choix de postes s'est déroulée du 2 septembre au 24 septembre. 8 308 étudiants ont été affectés, dont 209 CESP et 271 étudiants européens dans les 44 spécialités et 28 subdivisions. Ils ont mis 38 secondes pour effectuer leur choix cette année, contre 41 secondes en 2018.

Plus précisément, le dernier candidat qui a opté pour la chirurgie plastique, reconstructive et esthétique était classé 1 807, celui en dermatologie et vénérologie 2 277. La spécialité chirurgie maxillo-faciale ferme le rang à la 2 426 place.

Carton plein pour la médecine générale 

Pour la première fois, l'ensemble des postes de médecine générale ont été pourvus, soit 3 213 futurs généralistes. Le premier poste a été pris par une candidate classée 28e. En 2018, 3 268 places étaient offertes en médecine générale, 5 % n'avaient pas trouvé preneur (soit 163 postes).

Six spécialités sur 44 (hors CESP) n'ont en revanche pas fait le plein : médecine d'urgence (1 % de postes non pourvus), biologie médicale (8 %), gériatrie (13 %), médecine santé et travail (16 %), psychiatrie (18 %) et santé publique (36 %).

Pour le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG), il n'y a aucune surprise sur l'ordre de choix de la jeune génération. « Le "gruppetto" de fin de classement comporte toujours les mêmes spécialités : celles habituées à la queue de classement depuis plusieurs années — médecine générale, psy, biologie médicale, santé au travail et santé publique — et deux des nouvelles spécialités de 2017 qui peinent à recruter — médecine d’urgence et gériatrie », note-t-il, précisant que la médecine d'urgence, la psy et la biologie étaient au centre des conflits sociaux et économiques ces dernières années. 

La santé publique est particulièrement affectée. Parmi les 28 subdivisions, aucun poste n'a été choisi dans 12 d'entre elles. Autre information : certaines villes sont plus en souffrance que d'autres. À Clermont-Ferrand, aucun poste n'est parti sur les quatre offerts en gériatrie.

En revanche, même si certaines spécialités n'enregistrent pas un taux d'occupation de 100 %, il y a du mieux. Le taux de remplissage en médecine santé et travail s'est nettement amélioré, passant de 63 % en 2018 à 84 % cette année. 

La gynéco-obstétrique séduit principalement des femmes

Sur les réseaux sociaux, @MrFDA (un jeune médecin habitué à synthétiser la procédure) a calculé l'attractivité des villes et des spécialités liant les rangs médians et limites. Ainsi, selon ses calculs, les spécialités chirurgie plastique, reconstructive et esthétique, l'ophtalmologie et les maladies infectieuses et tropicales ont été les plus attractives pour les étudiants. La répartition homme-femme par spécialité est également mentionnée. La quasi-totalité des internes intégrant la gynécologie obstétrique sont des femmes. A contrario, trois quarts des affectés en chirurgie thoracique et cardiovasculaire sont des hommes.

Sur les villes qui séduisent le plus, un nouveau trio apparaît : Nantes, Lyon et Montpellier. Un changement à signaler pour le SNJMG qui souligne un « chassé-croisé entre Bordeaux, habituellement sur le podium et Montpellier qui accède au podium » et « l’apparition surprise de la région Antilles Guyane parmi les régions mal classées ». Le syndicat s'interroge par ailleurs sur l'impact de l'incendie du CHU de Guadeloupe ou de la polémique sur l'internat en Martinique sur ces résultats.

Sur la plateforme CELINE, seulement six subdivisions – Bordeaux, Grenoble, Lyon, Marseille, Montpellier et Nice – ont rempli leur effectif. Parmi les trois villes laissant le plus de postes non pourvus on retrouve Clermont-Ferrand avec 24 postes libres sur les 209 proposés, Limoges avec 21 postes pour 134 offerts et enfin Poitiers avec 18 places disponibles sur les 243 initialement à pourvoir.

Côté CESP, sur les 224 postes proposés, seuls 15 n'ont pas été pourvus. La totalité représente des postes de médecine générale. 


Source : lequotidiendumedecin.fr