Internat : 1 816 postes ouverts dans les FST et options, insuffisant aux yeux des jeunes

Par Sophie Martos
Publié le 02/07/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : S. Toubon

L'arrêté fixant le nombre de postes des formations spécialisées transversales (FST) et des options à l'internat par subdivision a été publié au « Journal officiel » le 28 juin. 

Attendue depuis plus de six mois, cette publication, censée mettre fin à une période d'angoisse pour les internes, a eu l'effet contraire en ajoutant une couche. À la grande surprise des syndicats, le nombre de postes disponibles a été revu à la baisse et quelques incohérences se sont glissées dans l'arrêté. Les jeunes demandent réparation. 

Créées par la réforme du troisième cycle, les FST (ouverts à tous les internes) et les options (spécifiques à chaque DES), d'une durée de deux semestres, permettent aux internes d'acquérir des compétences complémentaires spécifiques dans le champ de leur spécialité d'origine.

1 816 postes pour environ 8 000 étudiants

Néanmoins, l'accès à une FST ou une option reste limité. Au total, 1 816 postes ont été ouverts dont 1 258 au titre des 24 FST et 558 au titre des 14 options (les options précoces ne sont pas mentionnées) pour l'année 2019-2020.

Pour la jeune génération, le nombre de postes ne correspond pas du tout aux prévisions initiales. « Nous sommes très surpris car le nombre de postes finalement proposé est inférieur aux projections réalisées, explique Lucie Garcin, présidente de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG). Nous sommes reçus cet après-midi au ministère pour une clarification. » Selon les derniers sondages du syndicat, au moins 15 % des internes de médecine générale, soit 450 jeunes, sont intéressés par l'idée de suivre une FST. Ce qui laisserait un champ d'action très limité aux autres spécialités.

Même constat à l'Intersyndicale national des internes (ISNI). Contacté, Antoine Reydellet, président de la structure voit rouge : « Le nombre de postes n'est pas suffisant et surtout il y a des choses impensables, par exemple, les options liées au DES de biologie médicale et aux pharmaciens n'apparaissent pas dans l'arrêté. » Pourtant, les internes en biologie médicale peuvent postuler à cinq options : biologie générale ; médecine moléculaire, génétique et pharmacologie ; hématologie et immunologie ; agents infectieux ; biologie de la reproduction.

D'autres incohérences ont été relevées. « À Paris, il y a 14 postes ouverts en cancérologie alors que les capacités de formation permettent d'en ouvrir plus. Aucun poste dans la FST sommeil n'est disponible à Poitiers, pourtant il y a le centre de référence et le coordonnateur de cette discipline », ajoute-t-il. Les options précoces, au nombre de 9, ne sont pas inscrites non plus dans le texte. L'option « réanimation pédiatrique » accessible pour les internes en co-DES anesthésie-réanimation/médecine intensive-réanimation et au DES de pédiatrie a été regroupée au sein d'une seule d'option offrant 35 postes et conduisant à la confusion pour les jeunes médecins de ces trois spécialités.

L'ISNI a été reçue par le ministère de la Santé le 28 juin et assure qu'un arrêté rectificatif sera publié la semaine prochaine.

Elle demande l'intégration des biologistes et une augmentation du nombre de postes dans toutes les régions. « Certains chiffres n'ont pas été transmis à temps. Tout a été fait dans l'urgence. Entre le projet de loi de santé, la réforme du premier, second et troisième cycle, l'emploi du temps est trop chargé », commente-t-il.

Clôture le 10 juillet

Seule bonne nouvelle, le délai de dépôt des candidatures aux FST et options a été prolongé du 30 juin au 10 juillet. Si l'ISNI se satisfait de ce sursis, l'ISNAR-IMG estime que c'est toujours insuffisant pour les internes. « On s'attend à une sous-candidature, réagit Lucie Garcin. L'urgence et le manque d'organisation découragent les jeunes. » L'ISNAR-IMG souhaite que la clôture des candidatures soit fixée au 30 juillet afin de donner de la visibilité à l'interne et de permettre aux UFR de médecine de finaliser sereinement le processus d’organisation et d’affectation des candidats.

En parallèle de la publication de l'arrêté, une note d'information sur les modalités d'accès pour les candidats et sur la procédure de mobilité pour réaliser une FST ou option en dehors de son CHU de rattachement a aussi été publiée.  


Source : lequotidiendumedecin.fr