Faute de rémunération, les maîtres de stage d'Aix-Marseille boycottent l'encadrement des internes

Par Sophie Martos
Publié le 02/09/2019
- Mis à jour le 02/09/2019

Crédit photo : S. Toubon

Le mouvement de protestation des maîtres de stage des universités (MSU) se poursuit et s'étend dans le Sud-Est. Devant les retards de paiement de la maîtrise de stage, le collège de MSU de médecine générale d'Aix-Marseille vient de monter au créneau. À partir de ce lundi 2 septembre, les enseignants n'encadreront plus les travaux facultaires des étudiants en 3e cycle – tels que les mémoires – tant qu'ils ne seront pas rémunérés pour leur travail. 

« Il faut voir cette action comme un moyen de protestation contre les délais de paiement. D'autres actions locales sont en cours de discussions dans les autres collèges pour être rémunérés d'urgence. Le ras-le-bol des MSU sur le sujet de la rémunération est désormais clair pour tout le monde », explique au « Quotidien » le Dr Anas Taha, président du Syndicat national des enseignants de médecine générale (SNEMG). Début août, 18 collèges de MSU sur 35 accusaient des retards de paiement de leur activité du semestre d'hiver 2018-2019.

Les MSU poitevins enfin rémunérés

Fin août, le collège de MSU de Poitiers avait déposé un préavis de grève pour dénoncer un retard de paiement depuis novembre 2018, forme selon les généralistes enseignants de mépris envers eux. Ils menaçaient d'arrêter d'accueillir des externes et des internes dès le 2 septembre si la situation persistait. Heureusement, la bonne nouvelle est arrivée quelques jours plus tard. « Les MSU du collège de Poitiers ont été payés, ils lèvent leur préavis mais lancent une nouvelle mise en garde », note le SNEMG. « Conscient des dysfonctionnements de la rémunération de la maîtrise de stage, le collège prévient qu'un nouveau mouvement de grève sera lancé si les MSU ne sont pas rémunérés au maximum six semaines après la fin du stage en cours soit mi-décembre 2019 », poursuit le Dr Taha. Un rendez-vous est prévu avec leur président d'université pour trouver une sortie de crise.

Actuellement, les quelque 9 440 MSU de médecine générale sont payés 600 euros brut par mois pour l'accueil d'un interne, et 300 euros brut par mois pour l'accueil d'un étudiant de 2e cycle. Cette rémunération est sujette à conflit depuis quelques années. Le SNEMG dénonce de nombreux dysfonctionnements et notamment un circuit de rémunération complexe impliquant de multiples acteurs. En conséquence, le syndicat réclame une simplification de la démarche. 

 


Source : lequotidiendumedecin.fr