« Docteur Junior », secteur II : les jeunes veulent une clarification sur la fin du troisième cycle

Par
Sophie Martos -
Publié le 26/03/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Quatre structures représentatives des internes (ISNI) et des jeunes praticiens (Jeunes Médecins, Conseil national des jeunes chirurgiens – CNJC – et Syndicat national des jeunes anesthésistes-réanimateurs – SNJAR) alertent ensemble sur les modalités de la dernière phase (dite de consolidation) du troisième cycle, toujours inachevée. Dans un communiqué commun, ils appellent à une réouverture des discussions pour dissiper les zones d'ombre de cette phase de consolidation qui prévoit l'autonomisation croissante des internes. 

Mise en place en novembre 2017, la réforme du troisième cycle découpe le nouvel internat en trois phases (socle, approfondissement et consolidation). La phase 3, cruciale, vise à diversifier progressivement la pratique jusqu'à l'autonomie professionnelle complète au regard du référentiel de mise en situation.

Salaire et autonomie dans le flou

Las, depuis deux ans, l'opacité demeure. Si un décret, publié en juillet 2018, cadre le statut de « docteur junior », il laisse un goût de trop peu aux jeunes. De nombreuses interrogations subsistent sur le degré exact de responsabilité médicale, l'organisation de la mise en autonomie progressive supervisée, le salaire ou encore le mode de choix des stages des étudiants. 

Le texte prévoit que le « docteur junior » exerce son activité (prévention, diagnostic, soins, le cas échéant actes de biologie médicale) « avec pour objectif de parvenir progressivement à une pratique professionnelle autonome ». Sa formation sera suivie sous le régime de l'autonomie supervisée – les actes étant réalisés par le docteur junior « seul ». Mais la jeune génération veut une clarification des responsabilités de chacun et réclame une autonomie « pleine mais supervisée jusqu'à la fin de leur cursus »

Même combat pour la rémunération. Le statut entre deux eaux du « docteur junior » pose question. « Il faudrait une rémunération comprise entre l'interne de dernière année et les chefs de clinique-assistants, soit entre 30 000 et 33 000 euros par an hors primes et gardes », précise au « Quotidien », Antoine Reydellet, président de l'ISNI. L'arrêté censé fixer les émoluments mensuels et la prime d'autonomie supervisée annuelle est toujours attendu.

Crainte sur le secteur II

Enfin, la jeune génération s'alarme toujours des conséquences de la nouvelle architecture sur l'accès au secteur II à honoraires libres. Le décret précise en effet que la phase 3 est comptabilisée à raison d'une année pour l'obtention du titre d'ancien assistant spécialiste des hôpitaux. « Il ne resterait donc aux étudiants de troisième cycle qu’à accomplir une seule année supplémentaire comme CCA, AHU ou assistant des hôpitaux pour remplir la condition conventionnelle d’accès au secteur II », analysent-ils.

Des règles qui ne sont pas sans conséquence. « Les futurs spécialistes craignent une raréfaction du nombre de postes disponibles en post-DES [diplôme d'études spécialisées ] aboutissant à la disparition progressive de l’accès au secteur II ». Par ailleurs, concernant les postes de chefs de clinique (CCA-AHU), il est à craindre une réduction de leur durée à un an, « limitant toute possibilité de créer des projets universitaires de qualité », détaillent-ils. 

Le temps presse. La première promotion d'internes nouvelle formule a débuté la phase 2 (approfondissement) en novembre 2018. Certains internes entreront dans la phase 3 dès novembre 2020.


Source : lequotidiendumedecin.fr