Martial Jardel, futur médecin et « meilleur orateur de l'année »

Par
Pascal Thomeret -
Publié le 03/03/2018
Martial

Martial
Crédit photo : Cooperative Indigo/Eloquentia

L'Académie des Beaux-Arts de Paris a accueilli, le 7 février, sous la coupole de l'Institut de France, la première finale nationale du Concours d'expression publique francophone Eloquentia. Au terme de belles joutes entre quatre finalistes, le jury du concours a désigné le limougeaud Martial Jardel comme « meilleur orateur de l'année 2017 ». Le jeune homme de 26 ans est en première année d'internat en médecine générale au centre hospitalier André-Grégoire, à Montreuil (93).

Après un discours sur les vertus de la parole publique de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, les quatre finalistes régionaux se sont affrontés autour de deux thèmes : « La parole est-elle un art contemporain ? » et « L'interprétation est-elle une création ? ».

Dans l'arène où les murs sont chargés d'histoire, de conversations et de discours éminemment célèbres, Martial Jardel (lauréat Eloquentia Limoges 2017) est venu en découdre. Il a confronté son talent de causeur à celui de trois autres finalistes, Grégoire Gouby (Saint-Denis), Alyune-Blondin Diop (Nanterre) et Ludivine Soulier (Grenoble). Stylistes des mots, les meilleurs de l'art oratoire, devant une assemblée à l'écoute.

Parmi les meilleurs aussi, le jury était composé d'avocats du barreau de Paris, d'un professeur de poésie, du réalisateur Régis Wargnier et du rappeur Kery James. 

Pour Martial, oui, l'interprétation est une création. Pour Grégoire, c'est non. La joute entre les deux garçons fut de haute volée. Sur ce thème, Martial a eu « six jours pour l'écrire », pour travailler sa prestation avec ses colocataires parisiens. Dans l'assemblée, il y a aussi sa famille, ses amis qui l'ont soutenu.

Après 16 minutes de déclamations sur ce thème, de drôleries, de gesticulations, de mille verbes et autant de sourires charmeurs plus un « dicton hongrois » tout droit sorti de son vieux cahier de dictées, « une sorte de refrain familial », dit-il, c'est lui, le futur généraliste, qui a remporté le titre du meilleur causeur. Ce n'était pas chose simple, pourtant. 

Originaire du Dorat, un village du Limousin, Martial Jardel est un habitué des mots car, parmi ses dadas, il a « celui du théâtre, depuis ma première fête d'école », dit-il. Il a entendu parler d’Eloquentia lorsqu’il était président d’une association d’improvisation théâtrale et, pour lui, s’inscrire au concours était une évidence.

« Mais l'éloquence, c'est différent. On doit délivrer un propos construit, on ne doit pas se tromper... Durant la performance, une sorte d'empathie s'installe avec la salle. Les auditeurs sont-ils dans l'ennui, dans l'intérêt ? Je voyais quand une tête se tournait, quand une personne me regardait avec des yeux grands ouverts, je voyais tout. » 

Les joutes ont été une chance pour Martial, qui lui ont apporté peut-être aussi pour son métier futur. Il est attentif aux réactions de l'assemblée lors de ses déclamations, il l'est aussi aux autres, dit-il : « Si je crois savoir dire, transmettre, je crois savoir aussi écouter. »

Depuis novembre, son activité d'interne ne lui permet plus de consacrer autant de temps à ces joutes régulières. Mais le 24 février, Martial en a tout de même trouvé pour rejoindre ses amis de l'association Eloquentia Limoges, sa médaille en main, pour fêter son titre. « C'est fort, c'est pas rien. »

Créé en 2012 par Stéphane de Freitas en Seine-Saint-Denis, Eloquentia est le premier concours d'expression publique francophone, organisé au niveau universaire. 


Source : lequotidiendumedecin.fr