Études de santé : le début de la fin pour la Sécu étudiante à partir du 1er septembre

Par Sophie Martos
Publié le 31/08/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
secu etudiants

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Crédit photo : S. Toubon

200 euros en moins à dépenser, c'est une bonne nouvelle, encore plus lorsqu'il s'agit du porte-monnaie des étudiants !

À partir de samedi 1er septembre, les étudiants qui entament cette rentrée leur première année commune aux études de santé (PACES) n'auront plus à payer la cotisation au régime de Sécurité sociale étudiant, d'un montant non négligeable de 217 euros.

Issue de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) de mars 2018, cette mesure prévoit un basculement de l'ensemble des étudiants vers le régime général de sécurité sociale en deux temps.

Ceux entrant pour la première fois en PACES resteront affiliés à leur régime général actuel de protection sociale (généralement celui des parents).

Pour les autres étudiants déjà intégrés dans le système universitaire, la bascule se fera le 31 août 2019, date à laquelle la Sécurité sociale étudiante sera donc bel et bien enterrée. Pour l'année 2018-2019, ces étudiants resteront automatiquement affiliés à la mutuelle étudiante qu'ils ont choisie au préalable (SMEREP, SMENO, LMDE, etc.) pour la gestion de leur Sécu.

Pour l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), la suppression de cette cotisation est une très bonne nouvelle pour les étudiants en PACES. « Elle sera remplacée par la contribution au titre de la vie étudiante et de campus [CVEC, NDLR] d'un montant de 90 euros. Cela comprend notamment la médecine préventive qui, avant la réforme, avait un coût de cinq euros réglé par l'étudiant en plus de sa cotisation Sécurité sociale », explique au « Quotidien » Clara Bonnavion, présidente de l'ANEMF.

Une remise en cause du statut d'étudiant hospitalier

Toutefois, si cette réforme permet à certains étudiants de bénéficier d'une hausse de leur pouvoir d'achat, ce ne sera pas le cas pour les carabins à partir de la quatrième année de médecine (DFASM1) et sur la durée de l'externat. À ce niveau-là des études, ils sont déjà rattachés par leur statut d'étudiant hospitalier au régime général de Sécurité sociale mais vont tout de même régler la nouvelle CVEC. Un non-sens pour l'ANEMF. « Les étudiants en 4e année connaissent de ce fait une augmentation du coût de leur rentrée, souligne Clara Bonnavion. En prenant en compte la baisse des droits d'inscriptions et la mise en place de la CVEC obligatoire, les étudiants en DFASM1 paient 70 euros de frais en plus. »

Par ailleurs, pas sûr que les externes utilisent réellement cette nouvelle cotisation obligatoire. Elle comprend en plus de la médecine préventive toutes les activités culturelles ou sportives présentes sur le campus. « Sauf que la majorité des facultés de médecine sont proches des CHU et loin des campus universitaires », regrette Clara Bonnavion.

Face à ce constat, les carabins demandent que des mesures soient prises afin de compenser la perte induite par la cotisation CVEC. « Nous aimerions que les étudiants en soient exonérés ou qu'elle soit réduite, mais ce n’est apparemment pas possible. Seuls les boursiers en sont exonérés », détaille-t-elle. L'une des solutions envisagées par l'association est de proposer au ministère de l'Enseignement supérieur de revoir la rétribution de l'étudiant hospitalier. Un rendez-vous ministériel est prévu dans les prochains jours pour échanger sur cette thématique.

Selon le dernier indicateur du coût de la rentrée 2018 des études en santé de l'association, un étudiant entrant en PACES débourse 5 016 euros et un étudiant entrant en DFASM1, 3 249 euros en moyenne pour suivre son cursus. Un montant auquel il faut ajouter 929 euros de frais de vie courante mensuels, peu importe l'année d'étude.


Source : lequotidiendumedecin.fr