Incendie de Lubrizol : les résultats d'analyses promis sous deux jours, les écologistes et Respire mobilisés pour faire contrepoids

Par
Dr Irène Drogou -
Publié le 01/10/2019

Crédit photo : AFP

« L'absolue transparence », a promis hier encore, au sujet de l'incendie de l'usine Lubrizol, le Premier ministre Édouard Philippe venu à Rouen rassurer la population toujours inquiète.

Alors que le gouvernement peine à convaincre malgré le déplacement à Rouen de cinq ministres depuis jeudi, les preuves concrètes scientifiques sont très attendues. Les résultats d'analyses sur les suies et les pollutions après l'incendie seront publiés « demain ou après-demain », a annoncé ce matin sur BFM le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume.

Des écologistes très critiques

Ce dernier a également assuré que les premières indemnisations d'agriculteurs devraient intervenir sous 10 jours, alors que les préfectures de Seine-Maritime, de la Somme, de l'Oise et de l'Aisne ont pris par « principe de précaution » des arrêtés pour suspendre la mise sur le marché des productions végétales et animales à compter du 26 septembre.

Mais alors que le ministre de l'Agriculture a affirmé connaître « les produits qu'il y avait dans l'usine », les écologistes réclament encore aujourd'hui la liste précise avec insistance à travers les voix de Delphine Batho, présidente de Génération Écologie et ex-ministre de l'Écologie, et de Yannick Jadot, eurodéputé EELV.

Pour l'eurodéputé écologiste David Cormand, l'État est défaillant quant au suivi sanitaire épidémiologique des populations. « On aurait dû commencer à le faire avec des prises de sang, prendre des échantillons d'urine pour qu'il y ait un suivi dans le temps, cela n'a pas été fait. »

Un expert et des prélèvements citoyens, répond Respire

L'association Respire a déposé lundi soir un référé auprès du tribunal administratif de Rouen « afin de nommer un expert » dans le dossier de l'incendie. « Il me semble que toutes les analyses n'ont pas été faites et qu'il y a des produits dont on ne parle pas et dont il faudrait parler comme les dioxines, l'amiante et les métaux lourds », a expliqué l'avocate de Respire, Me Corinne Lepage.

Dans un communiqué, l'association de lutte pour la préservation et l'amélioration de la qualité de l'air a annoncé « organiser avec la population une campagne de prélèvements citoyens, qui seront faits en présence d'huissiers, afin de fournir des analyses complémentaires à partir des suies, des galettes et autres résidus identifiés par les habitants ».

 


Source : lequotidiendumedecin.fr