Prendre en charge les attaques massives par armes de guerre : un vade-mecum remis à Agnès Buzyn

Par
Damien Coulomb -
Publié le 12/07/2018
bataclan

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Crédit photo : AFP

Au bout d'un an et demi de travail, le Pr Pierre Carli, président du Conseil national de l'urgence hospitalière et le médecin général inspecteur François Pons, ancien directeur de l’école du Val-de-Grâce, ont remis aujourd'hui à la ministre de la Santé Agnès Buzyn l'e-book « Agressions collectives par armes de guerre »  dont ils ont assuré la coordination scientifique.

Cet ouvrage de 220 pages « se destine à toutes les équipes médicales et les professions médicales et paramédicales », précise auprès du « Quotidien » le Pr Carli. Il s'inscrit dans la suite des enseignements des attentats de novembre 2015.

« On a alors constaté que peu de médecins connaissent les gestes à faire face aux blessures par armes de guerre », ajoute le Pr Carli. Le document est le fruit d'une collaboration entre médecins du Samu, sapeurs-pompiers, médecins des forces armées et de la police. Il reprend un cours destiné à l'origine à l'ensemble des sites qui recevaient l'Euro en 2016.

Pour le Pr Carli, il faut tordre le cou à un mythe qui veut que le damage control constitue une prise en charge très peu médicalisée. « Ce n'est pas du "scoop and run". Il ne faut pas faire moins de gestes médicaux, il faut faire les bons gestes, explique-t-il. Il faut par exemple utiliser de l'acide tranexamique et la compression externe. Si on n'a pas fait l'hémostase externe d'un patient blessé par balle, il mourra avant d'arriver. Il faut aussi savoir respecter l'hypotension des sujets jeunes. »

Le damage control, étape par étape

Certains gestes sont en revanche effectivement superflus, comme le contrôle de la ventilation, moins importante que lors de traumatismes crâniens des blessés de la route. « L'idée est de faire une médecine provisoire, que l'on complète plus tard, poursuit le Pr Carli. Un des principaux risques reste la dilution des facteurs de coagulation lors du remplissage. » Le damage control chirurgical se décompose en trois temps : une chirurgie rapide, une réanimation et une chirurgie de réparation. Le damage control resuscitation débute lui en préhospitalier (arrêt des hémorragies, lutte contre l’hypothermie, évacuation rapide, adaptation du remplissage, lutte précoce contre les troubles de la coagulation) et se poursuit en hospitalier, en périopératoire.

Le texte précise les moyens d'organisation des secours et des soins médicaux. Un chapitre est consacré au rôle du médecin généraliste : ce qu'il doit faire pour traiter une hémorragie externe active et la manière dont il doit se protéger, donner l'alerte et procéder à un premier tri des patients.

Le document a pour but de servir à la formation et propose des organisations d'exercices. Des chapitres sont consacrés à l'organisation des équipes et à la mise en place de plans de restriction sur le site de l'attentat.


Source : lequotidiendumedecin.fr