Des sociologues et des économistes soutiennent la grève des urgences

Par Martin Dumas Primbault
Publié le 06/06/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
grève urgentistes

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Crédit photo : S. Toubon

Le mouvement de grève qui secoue les services d'urgences depuis bientôt trois mois recueille des soutiens du monde universitaire. Onze chercheurs en sciences humaines et sociales ont publié dans « Libération » une tribune intitulée « Il faut d'urgence écouter les soignants ! ». Parmi eux, on retrouve Thomas Piketty, l'économiste, Thomas Porcher, autrefois membre de Place publique, ou encore le sociologue Frédéric Pierru, bien connu du monde la santé et proche de La France insoumise.

Dans leur texte, les universitaires alertent sur « l'intensification du travail, le manque de personnel, l'inadaptation des locaux » qui « exacerbent les tensions et dégradent la qualité du travail et des prises en charge ». Pour eux, la situation de tension actuelle est imputable non seulement à « une médecine de ville insuffisamment structurée » mais aussi à « des modes de financement absurdes poussant à faire toujours plus avec toujours moins ».

Augmentations et paiement des heures sup'

La précarisation croissante est aussi pointée comme l'un des facteurs explicatifs de la crise. Les signataires font le lien entre le taux de pauvreté de la population et la dégradation des conditions de travail. Ils rappellent qu'au cours des 20 dernières années, alors que les passages aux urgences doublaient (de 10 à 20 millions), « le nombre de personnes pauvres augmentait de 50 % voire, selon les chiffres, 60 % »

Sans remettre en cause la nécessité d'une « restructuration du système de santé », économistes et sociologues appellent de leurs vœux des mesures d'urgence. « L'augmentation des salaires, le paiement des heures supplémentaires, le recrutement de soignant.e.s, l'arrêt des fermetures de lits dans les autres services constituent des mesures inévitables pour ces services en surchauffe », assurent-ils.

Ils s'adressent directement à Agnès Buzyn. « Il y a des solutions », « mais elles impliquent des choix forts supposant de délaisser les réflexes orthodoxes de son gouvernement ».


Source : lequotidiendumedecin.fr