Coupe du monde de football : ce que vous ne savez (peut-être) pas sur le staff médical des bleus

Par
Stéphane Long -
Publié le 16/06/2018
EdF

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Crédit photo : AFP

La Coupe du monde de football démarre pour l’équipe de France ce samedi 14 juin, à 12 heures, face à l’Australie. Les Bleus tenteront de rééditer l’exploit de 1998, lorsqu’ils avaient remporté la compétition contre le Brésil sur le score de 3 à 0. La finale de cette édition 2018 se tiendra le dimanche 15 juillet, à Moscou.

Pour se préparer à ce long tournoi, les hommes de Didier Deschamps peuvent compter sur le staff médical dirigé par le Dr Franck Le Gall. Qui est ce médecin ? Quel sera l’environnement médical des Bleus durant le tournoi ? Quel rôle les médecins de l’équipe de France ont-ils joué lors des précédentes compétitions ? « Le Quotidien » revient sur le sujet à travers quelques anecdotes et polémiques, récentes ou plus anciennes.

Le médecin des Bleus a été repéré durant son internat à Rennes
Franck Le Gall est interne au CHU de Rennes lorsqu’il est repéré par le Pr Pierre Rochcongar, chef du service de biologie et de médecine du sport de l’établissement et également médecin de la sélection nationale (de 1988 à 1993). « Il se distinguait par son sérieux, ses compétences, sa passion pour le sport en général et le football en particulier », racontait en 2014 le Pr Pierre Rochcongar, dans un entretien avec « le Quotidien ». C’est lui qui le fera entrer au centre de préformation de Clairefontaine. Le Dr Le Gall est spécialiste en médecine physique et de réadaptation, titulaire d’une capacité en biologie et médecine du sport.

Lire le portrait du Dr Franck Le Gall

Son père était footballeur professionnel, son frère est pharmacien
Si Franck Le Gall est amoureux du ballon rond, il le doit peut-être à son père, footballeur professionnel. Au début des années 50, Alphonse Le Gall est formé au Stade Rennais, avant de rejoindre l’Olympique de Marseille pendant deux saisons. Il poursuivra sa carrière à Angers, club avec lequel il disputera la finale de la Coupe de France en 1957 (perdue contre Toulouse). Il finit sa carrière à Bordeaux avant de devenir kiné (déjà la santé !). « Nous avons vu de grands joueurs Angevins venir à la maison comme Jean-Marc Guillou. Mon père a une armoire remplie de souvenirs de ses exploits. Ma sœur, mes deux frères et moi, nous avons baigné là-dedans », expliquait Franck Le Gall dans un entretien accordé au « Quotidien ». Le médecin a lui même tapé dans le ballon quelques mois en troisième division, tout comme son frère Christophe, pharmacien, qui a porté le maillot du SCO Angers lorsque le club évoluait en D2.

Il a remporté le doublé coupe-championnat en 2011
Le Dr Franck Le Gall veille sur la santé des joueurs de l’équipe de France masculine depuis 2012. Il prend sa fonction dans la foulée de la nomination de Didier Deschamps, actuel entraîneur des Bleus. Le médecin a effectué toute sa carrière au contact des footballeurs. En 1993, il entre à l’âge de 28 ans au centre technique national Fernand-Sastre (CNTFS) pour s’occuper des futurs footballeurs. Il sera également médecin des sélections U18, U19 et U20 entre 1996 et 2003. Parallèlement, de 2008 à 2016, il intègre le staff médical du club de ligue 1 de Lille, avec lequel il remporte le doublé coupe-championnat en 2011. Le LOSC est alors entraîné par Rudy Garcia qui fera venir le médecin à Marseille en 2017 lorsqu’il devient coach du club phocéen.

19 tonnes de matériel en Russie… et une mine de sel
La fédération française de football a mobilisé quatre camions pour acheminer  dans le camp de base de la sélection 19 tonnes de matériel nécessaires à la prise en charge et à l’entraînement des joueurs : consommables (médicaments, crèmes de massage, bandes de contention…), Cont-Trex (dispositif de test isocinétique), tables de massage, matériel de proprioception, de renforcement musculaire, vélos, tapis roulants… Hébergés dans un hôtel 4 étoiles, dans la grande banlieue de Moscou, les Bleus disposeront sur place de tout le confort pour garder la forme et récupérer des efforts durant la compétition : bains froids, salle de musculation entièrement aménagée, hamac, sauna, jacuzzi, piscine intérieure… et une salle d’halothérapie, aux murs recouverts de pierres de sel reproduisant les conditions d’une mine ou d’une grotte de sel. Très prisée dans les pays de l’est, l’halothérapie est censée agir sur les voies respiratoires et sur la fatigue mais son efficacité n’est pas prouvée. Le staff médical ne l’a d’ailleurs pas intégré à la préparation des athlètes. « Ce n’est pas une demande du staff », précise Franck Le Gall.

Un médecin, quatre kinés et un ostéo, le staff médical des Bleus
Aux côtés du Dr Le Gall, le staff médical de l’équipe de France présent en Russie se compose d’un ostéopathe (Jean-Yves Vandewalle ) et de quatre kinésithérapeutes (Christophe Geoffroy, Denis Morcel, Guillaume Vassout et Alexandre Germain). Au total, la délégation française compte 55 personnes, dont 23 joueurs.

« Ribéry a peur des piqûres », en 2014, le médecin au cœur d'une polémique avec Franck Ribéry
La petite phrase prononcée en 2014 par le Dr Le Gall déclenche une polémique avec le joueur de l’équipe de France, à la veille de la coupe du monde du Brésil. Joueur du Bayern de Munich, Franck Ribéry vient de renoncer à la compétition en raison d’une lombalgie chronique. Lors d’une conférence de presse, le Dr Le Gall évoque la « peur des piqûres » de l’international, qui empêche de lui administrer des infiltrations qui lui permettraient de jouer. « Franck appartient à un club où le mode de traitement de toute pathologie (déchirures, contractures...) se fait par piqûres. Il a dû en avoir au moins 30 dans l'année. A un moment, tu n'en peux plus, on ne l'a pas fait », explique le praticien qui, entre les lignes, met en cause les pratiques du médecins du Bayern. Contre-attaque de Ribéry dans la presse : « C'est n'importe quoi. Je n'ai pas peur des piqûres. Mais je ne voulais pas me faire injecter de la cortisone par le médecin français. Je sais que ce n'est pas bon. […] »

À Clairefontaine, une stèle en l’honneur d’un ex-médecin de l’équipe de France
Référence de la médecine sportive en France, le Pr Pierre Rochcongar est décédé le 2 décembre 2016. Il avait rejoint la FFF en 1979 pour s’occuper des jeunes avant de devenir le médecin de l’équipe de France de 1988 à 1993. C’est lui qui fit venir le Dr Le Gall à la FFF. Une stèle en son honneur a été inaugurée le 31 octobre 2017.

Finale 2006 : le médecin de l’équipe de France contraint de réduire à chaud une luxation
2006, finale de la coupe du monde face à l’Italie. Le meneur de jeu des bleus, Zinédine Zidane, se blesse durant la seconde mi-temps du match. Le Dr Jean-Pierre Paclet, alors médecin de la sélection nationale (2004-2008), diagnostique une luxation antéro-interne de l’épaule. Interrogé par medecindusport.com, il raconte : « En théorie, une luxation de l’épaule ça ne se réduit jamais sur le terrain car il y a des risques de complication neurologique ou de fracture. Là, on est en finale de Coupe du monde, c’est le dernier match de Zinédine Zidane, il arrête sa carrière après. Alors je lui ai réduit sa luxation, à chaud, et c’est revenu en place sans aucun problème ».
https://www.lamedecinedusport.com/retour-de-terrain-du-dr-jean-pierre-p…

Soupçons de dopage autour des champions du monde 1998, un ex-médecin des Bleus crée la polémique
Le Dr Jean-Pierre Paclet était le médecin des Bleus lors de la campagne victorieuse de 1998. En 2010, il revient sur cette épopée dans un livre « L’implosion », dans lequel il évoque le fiasco de la coupe du monde en Afrique du Sud (les Bleus avaient refusé de s’entraîner). Le médecin consacre une partie de son ouvrage aux analyses sanguines suspectes des joueurs de l’équipe de France, relevées peu avant 1998. Il déclenche alors la polémique autour du dopage des champions du monde.


Source : lequotidiendumedecin.fr