Cinq mois ferme pour avoir agressé un médecin du CHU de Nîmes

Publié le 23/09/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

Crédit photo : DR

Alcoolisé et blessé par balles, un jeune homme de 21 ans était suspecté d’avoir frappé au visage une urgentiste du CHU de Nîmes avant d’être appréhendé par la sécurité puis la police. Jugé par le tribunal correctionnel, il vient d’être condamné à cinq mois de prison ferme avec mandat de dépôt à l’issue de l’audience.

La sévérité du jugement est exceptionnelle mais cette sanction traduit la volonté ferme du juge de ne pas banaliser l’agression d’un médecin – en l’occurrence une urgentiste du CHU Carémeau de Nîmes.

Il fait nuit, samedi 13 septembre, quand M. K., fortement alcoolisé « à la vodka/Red Bull », selon ses dires, se rend aux urgences du CHU accompagné de quelques amis. Quelques minutes plus tôt, le jeune homme, déjà condamné pour des faits de violence, a reçu plusieurs plombs de chasse, à la suite d’une rixe survenue lors d’un mariage dans un village proche de Nîmes.

À l’hôpital, il assène un coup-de-poing sur la pommette du médecin qui lui demandait de décliner son identité. Absente lors du procès, l’urgentiste victime de cette agression avait livré son témoignage aux policiers : « Je me suis dirigée vers trois individus qui hurlaient dans l’hôpital. Quand j’ai demandé son nom au patient, il m’a répondu "Zobi, ta mère" ». La jeune femme n’a pas vu le coup partir.

Urgentistes pris pour cible

Lors de l’audience, le prévenu a nié avoir frappé le médecin, version qui n’a pas convaincu le procureur. Rappelant la nécessité absolue de protéger le corps médical, il a réclamé une condamnation de 18 mois de prison assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pour la moitié de la peine. Le juge l’a partiellement suivi, condamnant l’agresseur à dix mois de prison dont cinq mois avec sursis avec mise à l’épreuve durant deux ans.

Si durant cette période l’auteur des faits ne respecte pas son obligation de soins pour traiter son alcoolisme, ou qu’il se rend au CHU malgré l’interdiction, le sursis sera levé et il retournera en prison.

L’avocat de la victime, Me Philippe Rey, qui est également conseil de la Sham (assureur des hôpitaux) dans la région, témoigne : « Nous intervenons environ une fois par mois devant le tribunal correctionnel de Nîmes au titre de la protection juridique des médecins. À 99 %, le contexte est le même : l’alcool est présent et les médecins urgentistes sont pris pour cible. »

Pour la sécurité des médecins de ville, le conseil départemental de l’Ordre a mis en place en 2013 (avec le concours de la municipalité nîmoise) un système de surveillance des généralistes en visite, grâce aux caméras disposées en ville.

 

De notre correspondant à Montpellier

Source : lequotidiendumedecin.fr