Urgences à Paris : vive Kafka !

Par
Jean Paillard -
Publié le 26/05/2018
Paris neige Notre-Dame

Paris neige Notre-Dame
Crédit photo : AFP

Corine Katz est rédactrice, traductrice et auteur d’adaptations de films et documentaires, de nouvelles... En pleine polémique sur les urgences, elle témoigne de sa mésaventure en février dernier, lors de la vague de froid à Paris. Multifracturée, suite à une chute sur le sol glacé, elle raconte les urgences parisiennes bondées où affluaient les nombreuses victimes des intempéries et le parcours du combattant qu’elle a mené à l'époque...

« Je n’en veux absolument pas à Cochin qui n’a pas pu m’opérer », explique-t-elle avec le recul. Simplement, ces budgets coupés à l’hôpital me révoltent. À travers ce texte, j’ai voulu dénoncer aussi l’incurie politique », la Ville de Paris n’ayant pas mis, selon elle, les moyens qu’il aurait fallu pour rendre accessibles ce soir-là stations de métro et trottoirs.

L’auteur raconte avoir mis un peu de temps avant de coucher son incroyable récit sur le papier. « L’urgence était de reconstruire mon poignet, explique-t-elle. Mais j’en ai beaucoup parlé autour de moi. Mon récit trouvait chez les autres un écho grandissant, j'ai décidé de l'écrire. »

Sur la situation dans les hôpitaux ce mardi-là, elle s’indigne encore : « J’ai vu des centaines de personnes aux urgences de Cochin et des choses très graves. C’est ahurissant, tout ce dysfonctionnement. Mais la presse en a très peu parlé. » « Le mercredi, j’apprends que Cochin ne peut pas m’opérer. Le jeudi, je suis chez moi, j’ai mal, mes doigts deviennent noirs. Mais ma colère est un moteur. Je passe 6 heures au téléphone, de 8 h 30 à 14 h 30 : tous les services d'orthochirurgie sont débordés. Finalement, c’est un chirurgien, ami de ma généraliste, qui m’a sauvé la vie. » Mais l’épreuve n’est pas terminée pour autant. La scène se passe alors dans un établissement spécialisé du 16e arrondissement : « La salle d’attente était bondée, il y avait des gens debout. Mais au départ, le médecin commence par m’expliquer : "Je suis désolé, je n’ai plus de plaques"… »

Son récit-témoignage en dit long sur la pagaille d’un soir pas tout à fait ordinaire aux urgences de la capitale…

 

La résistible hécatombe du 6 février 2018, à Paris by Le Quotidien du Médecin on Scribd


Source : lequotidiendumedecin.fr