Temps de travail, PDS : pourquoi les urgentistes entreront en grève illimitée à partir du 22 décembre

Publié le 04/12/2014
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Crédit photo : S. TOUBON

L’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a confirmé ce jeudi son appel aux services d’urgences hospitaliers à une grève illimitée à partir du 22 décembre.

Le préavis a été déposé ce jeudi matin par l’AMUF et la CGT. Assignés au maintien du service, les urgentistes porteront des badges pour marquer leur mécontentement.

Contrairement aux médecins libéraux, appelés à fermer leur cabinet médical à partir du 23 décembre, les urgentistes ne contestent pas le projet de loi de santé porté par Marisol Touraine.

Leurs revendications, anciennes, portent sur les dysfonctionnements récurrents liés au temps de travail dans plusieurs services d’urgences de France.

Patients en danger à Toulouse, conflit larvé à Dijon

« Nous voulons que notre temps de travail soit limité à 48 heures par semaine et obtenir une revalorisation entre 39 heures et 48 heures », indique le Dr Christophe Prudhomme, porte-parole de l’AMUF et représentant de la CGT.

Selon le Dr Patrick Pelloux, président de l’AMUF, les exemples de « saturation des services à effectif constant » se multiplient. Et de citer les urgences en ébullition de Carcassonne et Limoges.

Au CHU de Toulouse, « ça ne tient pas » depuis l’ouverture de l’hôpital Pierre-Paul Riquet, annonce le médecin. Les infirmières et aides-soignantes du service des urgences traumatiques du site de Purpan sont en grève depuis le 1er décembre.

« Les urgences sont surchargées, les soignants débordés, et les patients en danger ! », lit-on sur la pétition en ligne, signée par près de 500 personnes, selon les grévistes.

Le personnel soignant réclame deux postes supplémentaires (en après-midi), que la direction de l’établissement ne semble pas prête à leur accorder. L’activité globale du service n’a augmenté que de 2 % depuis l’ouverture du nouvel hôpital, indique le CHU par communiqué. Et « des mesures d’ajustement » sont prévues en anticipation du nouveau bâtiment Urgences-réanimation-médecines, dont l’inauguration est attendue pour mi-2015. Pour leur part, les praticiens hospitaliers ne s’associent pas au mouvement. Contacté par le « Quotidien », aucun médecin du service n'a souhaité s'exprimer.

D’autres services dans d’autres villes pourraient dans les prochaines semaines s’ajouter à la liste déjà longue de ceux en souffrance. En gestation, le « conflit larvé » à Dijon entre les urgentistes et la direction de l’établissement et les problèmes d’attractivité de Belfort-Montbéliard font également craindre à l’AMUF un regain de tension.

Inégalités de traitement

L’AMUF estime également que les conditions de travail pendant la permanence des soins portent autant préjudice au bon fonctionnement des services d’urgences qu’elles font office de repoussoir auprès des jeunes médecins.

« La permanence des soins est une mission de service public et à ce titre, elle doit bénéficier de moyens similaires sur tout le territoire, s’agace le Dr Prudhomme. À Libourne, les urgentistes appelés de nuit ont voiture avec chauffeur, ce qui n’est pas le cas en Seine-Saint-Denis, malgré le climat d’insécurité qui y règne ! » Dans ce département, les médecins libéraux sont en grève ce jeudi et pour 24 heures à la suite de plusieurs agressions dans le département lors de visites à domicile après un appel au 15.

Urgences, cliniques, cabinets de ville... Face à ces multiples appels à la grève, les patients courent-ils un risque ? Assignés, les urgentistes craignent un afflux de patients, faute de réquisitions suffisantes de médecins libéraux pour les gardes. L’AMUF appelle en conséquence le gouvernement « à prendre ses responsabilités ».

Anne Bayle-Iniguez

Source : lequotidiendumedecin.fr