Sécurité sanitaire des couches pour bébé : les fabricants sommés d'agir

Publié le 23/01/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
couches culottes

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Crédit photo : PHANIE

Parfums, dioxines... Certaines substances chimiques présentes dans les couches jetables peuvent présenter des « risques » à long terme pour la santé des bébés et devront être au moins réduites par les fabricants d'ici à « quelques mois », a exigé le gouvernement ce mercredi. 

Dans une évaluation publiée le 23 janvier, qui se fonde sur des analyses de 23 couches « parmi les plus utilisées », l'ANSES met en évidence des dépassements de seuils sanitaires pour plusieurs substances, « dans des conditions d'usage réalistes ». Notamment des substances parfumantes (butylphényl méthyle propional, hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde), ainsi que certains hydrocarbures aromatiques polycycliques, de dioxines ou de furanes.

Engagements attendus sous 15 jours

Bien qu'il n'existe aucune preuve que les couches jetables portées par 95 % des bébés de France soient néfastes, indique l'Agence, un risque sanitaire ne peut être exclu. À ce titre, « la mise en œuvre rapide d'actions correctives et des engagements sont attendus sous quinze jours », peut-on lire dans un communiqué de presse commun des ministres de la Santé, de l'Économie et de la Transition écologique qui avaient convoqué mercredi matin à Bercy les industriels et distributeurs du secteur. 

« Je tiens à rassurer les parents, l'ANSES dit bien qu'il n'y a pas de risque immédiat pour la santé des enfants », a déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn. « Il faut continuer évidemment à mettre des couches à nos bébés », a-t-elle insisté, reconnaissant toutefois le risque potentiel « sur le long terme ».

Mieux contrôler la qualité des matières premières

Ce risque est lié au « dépassement des seuils sanitaires pour un certain nombre de substances », a expliqué Gérard Lasfargues, directeur général délégué de l'ANSES, qui avait été saisie en janvier 2017 par le gouvernement après un article de 60 Millions de consommateurs. Les parfums, sont la première cible de l'agence, qu'elle appelle à supprimer. Potentiellement allergisants, ils sont, selon elle, les seuls de ces produits chimiques à être intentionnellement ajoutés par les industriels.  

L'ANSES, qui a pris en compte des tests réalisés en laboratoire, notamment par la DGCCRF, suggère que les fabricants devront également mieux contrôler « la qualité des matières premières utilisées » qui peuvent être contaminées au préalable et modifier les procédés de fabrication, comme le blanchiment, « susceptibles d'être à l'origine de la formation de certaines substances », plaident les ministères. D'autre part, la DGCCRF renforcera les contrôles en 2019. 

P. T. (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr