Les prestataires de santé à domicile s'alarment d'un plan d'économies drastiques

Par Sophie Martos
Publié le 12/11/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
apnée du sommeil

apnée du sommeil
Crédit photo : PHANIE

La Fédération des prestataires de santé à domicile (PSAD) s'est alarmée du plan « déraisonnable » de 150 millions d'euros d'économies réclamé au secteur, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2019, actuellement examiné au Sénat.

L'effort est en hausse « de 50 % par rapport à 2018 ». Ce plan d'économies s'inscrit « en totale incohérence avec la volonté des pouvoirs publics » d'écourter les durées de séjour à l'hôpital, souligne Charles-Henri des Villettes, président de la fédération.

Appareils respiratoires pour l'apnée du sommeil, pompes à insuline, perfusions, orthèses ou fauteuils roulants… Les PSAD prennent en charge quelque 2 millions de personnes dans le cadre de maladies chroniques, de la perte d'autonomie liée à l'âge ou du handicap. « Je ne vois pas comment les patients ne vont pas pâtir de ce plan », s'inquiète Charles-Henri des Villettes. « Nous avons interrogé plusieurs acteurs pour savoir où seront réalisées ces économies. Personne n'a su nous répondre, ce n'est pas rassurant », commente-t-il. Selon la fédération, le gouvernement projette des baisses de tarifs sur les stomies et les sondes de l'ordre « de 22 % en moyenne ».

Impact 

Interrogée par la sénatrice (LR) du Lot-et-Garonne Christine Bonfanti-Dossat, dans le cadre des auditions sur le PLFSS, Agnès Buzyn a assuré qu'elle n'avait pas « l'habitude de sacrifier des patients  ».

Mais de fait, des économies sont prévues à hauteur de 150 millions d'euros sur les dispositifs médicaux et les prestations à domicile. « Il faut savoir que les dépenses de la liste des produits et prestations remboursables, la LPPR, où sont inscrits les dispositifs médicaux, augmentent de manière extrêmement rapide, à un niveau bien supérieur à celui de l'ONDAM, explique la ministre. Nous n'avons pas souhaité introduire un mécanisme de régulation avec une clause de sauvegarde, comme pour le médicament, mais nous avons prévu de mener des négociations très ambitieuses sur le prix des dispositifs médicaux. Les économies porteront sur ce secteur ».

Pour le secteur, la réponse n'est pas convaincante. « Le gouvernement doit réviser son tableau d'économies, il faut que ce plan soit soutenable pour les acteurs et pas au détriment du patient », conclut Charles-Henri des Villettes.

L'examen du PLFSS 2019 prévoit 3,8 milliards d'euros d'économies en santé.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr