Crise de l'hôpital : « SOS » de célébrités à Macron, manifs en octobre et journée santé morte

Par Cyrille Dupuis
Publié le 02/10/2019
- Mis à jour le 03/10/2019

Crédit photo : S. Toubon

Agnès Buzyn ne parvient pas à déminer la crise qui secoue l'hôpital public. Au lendemain des arbitrages sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui prévoit un objectif national de dépenses maladie de 2,3 % pour 2020 (mais seulement +2,1 % pour le secteur hospitalier), plusieurs feux s'allument à nouveau. 

« Épuisement » et « drames »

Quelque 108 personnalités françaises, associées à des représentants de patients, réclament un plan d'urgence pour « sauver l'hôpital » dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, publiée ce mercredi par « le Parisien ».

Charlotte Gainsbourg, Véronique Sanson, Vincent Lindon, Florence Foresti, Richard Bohringer, Thomas Piketty, Rony Brauman figurent parmi les 108 personnalités signataires de cette lettre, avec une quarantaine de représentants de patients, en soutien « aux blouses blanches au bord de la crise de nerfs »« La situation sur le terrain est devenue réellement intenable : les difficultés d’accès aux soins s’accroissent, la qualité et la sécurité des soins se dégradent et nous observons l’épuisement et l’inquiétude des personnels hospitaliers », écrivent les signataires qui évoquent des « drames touchant toutes les catégories professionnelles de l'hôpital ».

Ces personnalités réclament l'ouverture de lits, l'embauche du « personnel nécessaire » et la revalorisation des salaires des personnels. « L’hôpital public a besoin de réformes mais aussi et surtout de moyens pour assurer ses missions dans des conditions acceptables pour les patients et pour les soignants », conclut le courrier. 

Manifestations en vue les 8 et 15 octobre 

Indépendamment de cette initiative, neuf organisations (dont les trois principaux syndicats de la fonction publique hospitalière – CFDT, CGT et FO) appellent salariés et usagers du secteur santé/social à se joindre aux mobilisations des retraités le 8 octobre et des sapeurs-pompiers le 15, avant une « journée morte » dans la santé pour la première quinzaine de novembre.

Le mot d'ordre concerne le secteur de la santé et de l'action sociale et engage aussi les syndicats SUD et CFE-CGC, ainsi que l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) et le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'une grève inédite par sa durée (plus de 6 mois) et son ampleur – 264 hôpitaux à ce jour. La coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité et le « Printemps de la psychiatrie » font également partie de cet appel. 

« Les services d'urgence montrent la voie », affirment ces neuf organisations, déplorant « un profond malaise » et « l'absence d'écoute du gouvernement ». Exigeant d'être reçus par Agnès Buzyn, elles réclament des recrutements « immédiatement », une hausse « générale » des salaires et « l'arrêt de toutes les fermetures d'établissements, de services et de lits ».

Buzyn : « Je suis la ministre qui a réinvesti » sur l'hôpital

Ce mercredi, sur France Inter, Agnès Buzyn a défendu les choix du gouvernement dont l'investissement de 750 millions d'euros sur trois ans pour les 600 services d'urgence, ainsi que sa priorité hospitalière. « L'hôpital est ma préoccupation depuis le premier jour, d'abord parce que je suis moi-même médecin hospitalier et que j'ai quitté l'hôpital trois jours avant d'être ministre, a plaidé l'hématologue. J'ai une vague idée de comment on travaille dans les hôpitaux et de combien les soignants sont dévoués malgré les difficultés rencontrées et les conditions de travail. » « Depuis que je suis arrivée, j'ai rajouté près de 6 milliards d'euros au budget de l'hôpital, souligne-t-elle. Le budget de l'hôpital augmente encore de 1,5 milliard d'euros en 2020 (...). Je suis la ministre qui a réinvesti sur l'hôpital. » 

Loin du discours sur l'austérité, Agnès Buzyn a égrené ses priorités : « Je veux que les tarifs augmentent, je veux redonner du souffle aux établissements hospitaliers et je travaille aussi, c'est très important, aux conditions de travail, aux rémunérations en début de carrière, aux perspectives d'évolution des carrières, à leur place dans la gouvernance de l'hôpital... Tout cela est en cours et il y aura des changements l'an prochain. »

C. D. (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr