Pas d'angioplastie à Chalon : le président de la CME démissionne et fustige le comportement « brutal » de l'ARS

Par
Marie Foult -
Publié le 06/06/2018
angioplastie

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Crédit photo : PHANIE

La demande de création d'un centre d'angioplastie à l'hôpital William-Morey de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, a connu un nouveau rebondissement. Alors que l'agence régionale de santé (ARS) refuse toujours de garantir la création d'un tel centre, l'un des médecins cardiologues meneurs du projet, le Dr Arnaud Dellinger, vient d'annoncer sa démission de la commission médicale de l'établissement (CME).

Cette décision est consécutive à une rencontre entre la direction de l'ARS Bourgogne Franche-Comté et la délégation du CH de Chalon, jeudi 31 mai, où l'ambiance a été jugée « extrêmement tendue ». « Tous les acteurs présents ce jour-là, dont des élus et sénateurs, ont été frappés par la position violente de l'agence régionale, assure le Dr Dellinger au « Quotidien ». Depuis un an, toutes les médiations et les discussions proposées par les élus locaux ont été refusées, or je ne veux pas que ma position à la tête de la CME soit un obstacle à l’attribution d’une autorisation d’angioplastie coronaire. »

Détermination

Le cardiologue, qui évacue l'hypothèse d'un « conflit de personnes », préfère opposer à « ce comportement brutal de l'ARS, la souplesse du roseau ». Le praticien souhaite continuer le combat pour obtenir une coronarographie au sein de son unité de soins intensifs cardiologiques (USIC) et assure garder « toute sa détermination ». « Je reste convaincu qu'un jour il y aura un centre d'angioplastie à Chalon, que ce soit avec mon équipe ou pas », veut croire le Dr Arnaud Dellinger.

Le bras de fer dure depuis un an. Depuis juin 2017, les médecins et personnels du CH William Morey multiplient les initiatives pour obtenir l'autorisation de ce centre, alors que l'ARS réclame un projet commun porté avec le CHU de Dijon et l'hôpital de Mâcon (une solution qui divise).

Les médecins et personnels de Chalon avaient notamment manifesté devant le ministère de la Santé en juillet dernier, avant d'écrire à Emmanuel Macron puis à Agnès Buzyn.

Après le rejet du recours déposé par les hospitaliers pour annuler la décision de refus de l'ARS, les partisans du centre d'angioplastie ont refusé le plan régional de santé présenté en mars, qui conditionnait l'ouverture d'un centre à un groupement de coopération sanitaire entre les CH de Dijon, Chalon et Mâcon.

Le 31 mai, ils ont à nouveau manifesté à Dijon, devant l’ARS, pour la remise d’un nouveau dossier de demande d’autorisation d'angioplastie à Chalon-sur-Saône.


Source : lequotidiendumedecin.fr