Management, carrière, sexisme : dix directrices de CHU témoignent pour la Journée des droits des femmes

Par Anne Bayle-Iniguez
Publié le 08/03/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
seixisme

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Crédit photo : DR

À l'occasion de la Journée des droits des femmes, les directrices générales des CHU prennent la parole pour évoquer le management hospitalier au féminin. Alors que le corps des directeurs d'hôpital se féminise de façon progressive (39 % en 2014), seul dix des 32 CHU et CHR de l'Hexagone sont pilotés par des femmes. Une onzième prendra la tête du CHU de Dijon en avril. Tous postes confondus, c'est mieux, avec 45 % de femmes qui travaillent dans ces établissements. 

« Sexisme ordinaire » et « condescendance »

Dans une série de vidéos*, les dix directrices générales reviennent sur leur parcours professionnel et leur travail. Chantal Corroger, directrice générale de Besançon, évoque sans détour les « facteurs bloquants » qui existent toujours, tels le « sexisme ordinaire » et la « condescendance », dont peut être victime une femme manager, au même titre qu'une femme médecin. « Plus des femmes iront à des postes à responsabilités, plus elles encourageront les autres à y aller », assure-t-elle. 

Briser le plafond de verre

Interrogée sur le modèle qu'elle peut incarner en tant que femme directrice générale d'un des plus grands CHU de France, Catherine Geindre, à la tête des Hospices civils de Lyon (HCL), ne sait pas si elle a « cassé le plafond de verre », mais espère « ouvrir la porte pour que les jeunes qui entrent aujourd'hui dans la carrière ne se posent pas la question de savoir si un jour elles pourront y arriver »

Catherine Geindre livre aussi son analyse sur les différences entre hommes et femmes dans leur approche du pouvoir. Les premiers sont, explique-t-elle, dans une optique « territoriale ». Ils apprécient conserver une « mainmise sur leurs équipes » et ne sont pas favorables à la délégation, y compris de leurs compétences propres. Les secondes privilégient plutôt une politique « transformationnelle », « pragmatique » et s'inscrivent dans une « recherche du consensus »

 

Homme ou femme, même combat

Plusieurs directrices générales refusent au contraire de rentrer dans cette logique de différenciation de genre. « Je ne considère pas que mon sexe fait de moi un manager différent », appuie Cécile Jaglin-Grimonprez, à la tête du CHU d'Angers. Ce qui compte pour elle ? La diversité dans le management. 

DG du CHU de Reims, Dominique de Wilde est sur la même ligne : « Je n'ai pas envie de rentrer dans une particularité de genre dans laquelle je ne me reconnais pas. Le plafond de verre dans notre société existe. Pour les directeurs et directrices de CHU, il est exact que nous sommes sur une bonne voie avec un tiers des DG femmes. […] Il y a désormais un vivier de femmes qui ont envie d'exercer ces fonctions. »

* Série réalisée par Réseau CHU, qui fait partie du Groupe profession santé, comme « le Quotidien du Médecin »

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Source : lequotidiendumedecin.fr