Loi de santé : les internes en grève aujourd’hui dans toute la France

Publié le 04/02/2015
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Crédit photo : S. Toubon

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Crédit photo : DR

Les internes en médecine et les chefs de clinique sont en grève ce mercredi et manifestent dans plusieurs villes de France contre le projet de loi de santé du gouvernement à l’appel de l’ISNI et de l’ISNCCA. L’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG) soutient ce mouvement. Elle a déposé lundi un préavis de grève qui sera effectif samedi.


Ce mercredi, à l'hôpital Georges-Pompidou.

Des réunions ont été organisées dans plusieurs villes de France ce matin. À Paris, des internes se rendront devant le ministère de la Santé. « Des manifestations sont programmées à Montpellier, Bordeaux, Marseille, Lyon, Clermont-Ferrand, Tours », explique Mélanie Marquet, présidente de l’ISNI. La mobilisation est importante, affirme la chef de file des internes. « De nombreux internes se sont déclarés grévistes, parfois pour une heure, pour manifester leur mécontentement sans bloquer les services mais nous sommes consternés car les CHU ne les comptabilisent pas, explique Mélanie Marquet. À Nîmes, nous sommes 68 à être entrés en grève sur environ 150 mais le CHU n’en fait remonter que 15 ! »

Les internes sont tout particulièrement mobilisés dans les établissements de l’AP-HP, selon le Syndicat des internes des hôpitaux parisiens (SIHP). « Nous sommes surpris de l’ampleur de la mobilisation, témoigne son président, Jules Grégory. Quasiment tous les internes de l’hôpital européen Georges-Pompidou sont en grève et nous évaluons à 75 % la mobilisation à l’AP-HP. » Ni le ministère de la Santé ni l’AP-HP n’ont pour l’heure diffusé d’estimation de la mobilisation. Citant la direction générale de l'offre de soins (DGOS), le président du SIHP faisait toutefois cas en fin de journée de 52% d'internes parisiens mobilisés. Pour parer à tout problème d’organisation des services, de très nombreux internes ont été assignés dans la capitale, selon lui.


Haro contre le tiers payant

La jeune génération s’oppose à la réforme de Marisol Touraine et demande que la concertation ouverte avec le corps médical et qui est censée se tenir jusqu’à la mi-février soit prolongée afin de réécrire les points litigieux.

Tous demandent le retrait du tiers payant généralisé. L’ISNI et l’ISNCCA redoutent que ce dispositif n’entraîne un désengagement de l’assurance-maladie obligatoire au profit des assurances privées. Le syndicat représentatif parisien des internes en médecine générale (SRP-IMG) dénonce « le pouvoir grandissant des mutuelles et des assurances »; le SIHP craint une évolution vers « une gestion mercantile de l’hôpital public ».

L’ISNI et l’ISNCCA souhaitent également que soit retiré tout mécanisme donnant aux ARS les pleins pouvoirs sur l’organisation territoriale des soins et demandent la suppression du concept de praticien remplaçant qui ne fait selon eux que « précariser l’entrée dans la carrière hospitalière publique ».

Difficile de prédire l’issue de cette journée de grève. Une chose est sûre : les internes ont appelé à une grande manifestation nationale le 15 mars à Paris contre le projet de loi de santé à laquelle participeront également les médecins seniors. Selon nos informations, les carabins pourraient rejoindre le rang des mécontents. L’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) va se positionner ce week-end en conseil d’administration.

Christophe Gattuso

Source : lequotidiendumedecin.fr