Journée mondiale de prévention du suicide : une chaire pour mieux comprendre

Publié le 10/09/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

Crédit photo : S TOUBON

À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide de ce jeudi 10 setembre, la Fondation FondaMental lance une chaire d’excellence afin de mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent l’acte suicidaire.

« De multiples idées reçues et préjugés occultent l’importance de l’approche médicale et scientifique de ce problème de santé publique. Or la compréhension des mécanismes liés à l’acte suicidaire est une étape essentielle pour mettre en place des stratégies de prévention adaptées. Il y a urgence à soutenir davantage la recherche », souligne Marion Leboyer, directrice de la Fondation FondaMental.

La Chaire FondaMental, lancée en partenariat avec la SNCF, vise à donner un coup d’accélérateur à la recherche. Elle sera dirigée par le Pr Philippe Courtet (CHU de Montpellier, INSERM U1061), responsable du département d’urgence et post-urgence psychiatrique, très impliqué dans l’identification des vulnérabilités aux conduites suicidaires et dans la compréhension des mécanismes biologiques qui lui sont liés.

3 axes de recherche

Trois axes de recherche y seront développés : comprendre la vulnérabilité suicidaire grâce à l’identification de facteurs prédictifs (cliniques, environnementaux, biologiques) qui permettront, à terme, de dépister les personnes à risque, d’identifier des cibles thérapeutiques et de développer des stratégies de prévention adaptées ; améliorer le suivi du risque suicidaire grâce au développement d’outils connectés ; concevoir et tester l’efficacité d’un dispositif de soins innovant d’intervention autour d’équipes mobiles allant à la rencontre des patients suicidaires (HAD-Psy-Suicide).

Dans ce cadre, une cohorte de 1 000 patients ayant des idées suicidaires ou ayant fait une tentative de suicide seront recrutés dans 5 centres (CHRU de Montpellier, CHRU de Besançon, CHRU de Lille, CHRU de Brest, CHU Henri Mondor) et suivis pendant 12 mois. Une prise de sang sera réalisée lors d’une première visite avec un psychiatre et une infirmière puis à intervalles réguliers. La collection d’échantillons biologiques des patients de la cohorte fera l’objet d’analyses génomiques et biochimiques.

Les conduites suicidaires sont à l’origine de plus de 10 000 décès par an et représentent la deuxième cause de mortalité chez les 15-44 ans. La France est au 7e rang des pays européens et au-dessus de la moyenne européenne. Les coûts directs associés aux suicides sont estimés à 31 millions d’euros et ceux liés aux tentatives de suicide à 497 millions d’euros.

Dr Lydia Archimède

Source : lequotidiendumedecin.fr