Des dizaines de milliers de réservistes, soignants et jeunes sur le pont

Face au Covid-19, les volontaires viennent grossir les rangs des hôpitaux

Par
Martin Dumas Primbault -
Publié le 03/04/2020

Des paramédicaux aux directeurs en passant par les médecins de toutes spécialités, les appels à l'aide se multiplient pour venir renforcer les équipes hospitalières dans la lutte contre le Covid-19. Avec un certain succès, dont s'est félicité à plusieurs reprises le gouvernement.

Très sollicités, les services de réanimation publics et privés ont besoin de renfort

Très sollicités, les services de réanimation publics et privés ont besoin de renfort
Crédit photo : SEBASTIEN TOUBON

Dans la guerre contre le Covid-19, tous les renforts sont les bienvenus à l'hôpital. Depuis le début de la crise, les appels à volontaires émanent de toutes parts. Étudiants, retraités, médecins, paramédicaux et même vétérinaires ou directeurs, les établissements ont besoin de toutes les bonnes volontés pour faire face au tsunami.

Lors d'un point de situation le 28 mars, le ministre de la Santé Olivier Véran a fait un premier bilan des volontaires mobilisés partout en France. Deux grands dispositifs ont été activés, a-t-il rappelé. Premier d’entre eux, la réserve sanitaire qui, depuis le début du mois de mars, « s'enrichit chaque jour de mille soignants supplémentaires », s'est félicité le ministre de la Santé avant de « remercier infiniment » les quelque 40 000 réservistes dont l'engagement est « indispensable ».

Le locataire de Ségur a par ailleurs salué l'action des professionnels engagés au sein de la plateforme renforts-covid.fr, outil qui met en relation les soignants motivés avec des hôpitaux ou des EHPAD en pénurie de personnels. Mise en place par l'agence régionale de santé (ARS) Île-de-France et déployée dans sept autres régions (Hauts-de-France, Bretagne, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire), cette interface digitale recense plus de 1 000 établissements de santé demandeurs d'un coup de main sur plusieurs métiers en tension et 20 000 médecins, infirmiers, aides-soignants et même vétérinaires — entre autres — prêts à le leur donner.

Le Pr Jérôme Salomon, directeur général de la santé (DGS), a salué une « formidable mobilisation » des volontaires et a encouragé les professionnels qui souhaitent prendre part à la mobilisation à se mettre en contact directement avec la cellule de crise de l'hôpital le plus proche de chez eux. « Des profils très variés se proposent et chaque établissement engage un dialogue avec chaque professionnel pour discuter des besoins et des postes offerts », a-t-il expliqué. « Il ne faut pas hésiter à se mobiliser et je renouvelle cet appel en direction des soignants », a appuyé Olivier Véran.

Détaché, en disponibilité ou retraité

Plusieurs acteurs du monde de la santé ont eux aussi battu le rappel des troupes. Face à la saturation en cours ou à venir des services de réanimation, le Syndicat national des anesthésistes-réanimateurs de France (SNARF) a encouragé les confrères « disponibles et même retraités à apporter leur aide dans les établissements privés et publics dont les besoins ne vont que croître ».

Les personnels de direction sont également invités à se mobiliser par le Centre national de gestion (CNG), qui a ouvert sur son site internet un formulaire à destination des managers « en activité, en détachement, en disponibilité ou retraité ».

Côté cliniques, la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) a lancé en début de semaine un « appel à la solidarité nationale et interprofessionnelle ». La fédération s'engage à relayer auprès de tous ses adhérents les besoins exprimés par les établissements de santé, publics comme privés. « Une mobilisation totale, qui dépasse les statuts ou les modes d’exercice professionnels, est plus que jamais indispensable », alerte son président Lamine Gharbi.

Les juniors mobilisés dans toute la France

Pas en reste, les internes de l'ISNI ont recensé « plusieurs milliers » de jeunes volontaires dans toute la France via des cellules de crise d’internes montées en deux temps trois mouvements par les syndicats de juniors locaux. La cellule parisienne réaffecte en moyenne 100 internes par jour dans les hôpitaux en tension sur un pool de 1 700 volontaires. À Marseille, ils sont plusieurs centaines de bénévoles à prêter main-forte aux équipes soignantes. Et à l'autre bout de la France, à Lille (lire ci-dessous), plus d'un millier de jeunes n'hésitent pas à faire des heures sup' afin, eux aussi, d'apporter leur pierre à l'édifice anti-épidémie.

 

 

 

 

Martin Dumas Primbault

Source : Le Quotidien du médecin